دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 93

CETTE HOMÉLIE FUT PRONONCÉE LORSQUE DEVAIENT ÊTRE LUES LES LETTRES SYNODIQUES DU PIEUX DIOSCORE, ARCHEVÊQUE DE LA (VILLE) D’ALEXANDRIE.

C’est maintenant le temps de chanter et de crier, avec un esprit qui cadence bien et qui sait chanter d’une manière spirituelle et sentir les (choses) divines, ces paroles du prophète David : Qui dira les hauts faits du Seigneur (et) fera entendre toutes ses louanges ? (Ps 105, 2)

C’est vraiment, en effet, l’œuvre de la puissance du Seigneur que les Égyptiens viennent chez nous, que, nous-mêmes, nous allions chez les Égyptiens et que nous nous joignions à eux par le lien de la foi, qu’avait brisé Nestorius, ainsi que sa bande impure, lorsqu’elle se fut armée, avec un grand nombre de personnes à sa suite, contre les saintes Églises, qu’elle eut combattu inutilement contre les douze chapitres de Cyrille, sage dans les (questions) divines, et contre ses autres enseignements, et quelle eut divisé en deux notre unique Seigneur et Dieu Jésus-Christ, en ce qu’elle le définit deux natures après l’union ineffable, et en conséquence les opérations séparées et les propriétés de celles-ci.

Mais maintenant, d’ici à là et de là à ici, il passe et il repasse (la loi) qu’il faut que nous confessions une seule nature l’Emmanuel, le même en vérité Dieu et homme, en dehors du changement et de l’imagination et non pas deux natures, mais en vérité la seule nature et hypostase de Dieu le Verbe, laquelle s’est incarnée et s’est faite homme parfaitement. Car ce qui de deux, je veux dire de l’humanité et de la divinité qui sont parfaites selon leur propre notion particulière, s’est réuni sans confusion en un, comment l’appellerait-on deux, sans briser l’union même ?

C’est pourquoi le Christ est aussi un de deux sans scission ; et, parce que ces (éléments) d’où (provient) cette union ne se confondent pas, il montre également, d’une manière qui n’est pas douteuse, que le même est d’une part de la même essence que le Père selon la divinité (et) que le même est d’autre part encore de la même essence que nous autres hommes selon l’humanité. Car c’est lorsqu’il est resté ce qu’il est qu’il s’est fait homme sans changement.

C’est en cela que Dioscore nous approuve aujourd’hui, lui qui a reçu en héritage le siège évangélique du divin Marc, en vertu d’un décret qui (vient) d’en haut ; (c’est) un homme qui, avant que nous regardions les cheveux qui (sont) sur sa tête, est un vieillard par la prudence ; il a été élevé d’une part dans les travaux de la vie ascétique et en a fait la loi de sa jeunesse, et il a vécu d’autre part dans les fonctions sacrées, s’est avancé par les degrés ecclésiastiques jusqu’à l’épiscopat, est monté sur le trône qui est de beaucoup le plus élevé et est la tête des sièges sacrés qui (sont) en Égypte, et a reçu le bâton spirituel de la dignité de souverain pasteur. Quant à ses dogmes et à ses doctrines, il est superflu d’en parler. Ce sont là, en effet, des choses qui appartiennent en propre à la ville qui est grande et aime le Christ, à la (ville) d’Alexandrie, et à ses pasteurs. Et cela descend, comme un héritage paternel, aussi sur ceux qui (viennent) ensuite et ne présente jamais d’interruption ; car, chez eux, il est aussi naturel de croire d’une manière saine que de respirer l’air. C’est là ce que le prophète Isaïe proclamait d’avance à haute voix, en disant : En ce jour-là, il y aura un autel pour le Seigneur dans le pays des Égyptiens, et une colonne pour le Seigneur auprès de sa frontière, et elle sera un signe pour toujours pour le Seigneur des armées dans le pays d’Égypte (Is 19, 19-20).

C’est proprement, en effet, qu’il faut appeler « autel » cet (autel) sur lequel la foi orthodoxe immole la victime ; (et) cette même foi des Égyptiens en vérité le prophète l’a convenablement nommée « colonne », parce que c’est ainsi que sur une colonne d’airain qu’elle est gravée et tracée dans leurs cœurs et qu’elle n’est amoindrie ou effacée d’aucune façon. Pour cette raison donc, l’autel des Égyptiens est l’autel du Seigneur, parce que leur foi aussi n’est pas variable dans le temps, mais est écrite ainsi que sur une colonne.

Et pourquoi a-t-il ajouté : Et (il y aura) une colonne pour le Seigneur auprès de sa frontière ? (C’est) pour montrer d’une part par la colonne, ainsi que je l’ai dit, la fixité et l’immobilité de la foi (des Égyptiens) et pour montrer d’autre part par ce qu’il a dit : Auprès de sa frontière, l’accord, qui passe à travers tout le pays des Égyptiens, au point de s’étendre jusqu’à ses frontières et de se terminer à la fois avec elles, comme s’il était limité par elles et que cette marque définie et très particulière appartînt aux Égyptiens seuls.

La parole du prophète montre aussi le (caractère) durable et interminable d’une telle possession excellente, ce qu’il a également appelé « signe », en disant : Et elle sera un signe pour toujours pour le Seigneur des armées dans le pays d’Égypte.

Il prédit aussi leur union et leur association avec nous, ce dont voici que nous voyons maintenant la réalisation. Car il a dit : En ce jour-là, il y aura une route d’Égypte chez les Assyriens ; les Assyriens entreront en Égypte et les Égyptiens iront chez les Assyriens ; et les Égyptiens serviront les Assyriens (Is 19, 23). Il nous appelle en partie Assyriens, nous tous qui sommes placés vers le lever du soleil et en Orient. Mais ni les Égyptiens n’iront chez les Assyriens, ni les Assyriens (n’iront) chez les Égyptiens, quoique ce soit parmi les nations qui sont ainsi bien idolâtres que l’Église se recrute, par la puissance du Christ qui peut tout.

Or, nous qui sommes fidèles, allons chez les fidèles. Et, lorsque nous nous glorifions d’une seule ville, de la métropole qui (est) en haut, de la Jérusalem céleste, et lorsque nous nous ceignons du lien de la bonne entente, servons-nous les uns les autres d’une manière libre, spirituelle et maîtresse d’elle-même, en obéissant à la loi apostolique, qui dit : En vous soumettant les uns aux autres dans la crainte du Christ (Ep 5, 21). Car savoir servir ainsi pour le salut des frères, c’est (l’affaire) des hommes qui sont vraiment grands, ainsi que des hommes qui sont élevés dans la perfection et qui poursuivent l’imitation du Christ. Tel était Paul, qui écrivait aux Corinthiens : En effet, bien que je sois libre à l’égard de tous, moi, je me suis fait esclave pour tous, afin que je profite à un grand nombre (1 Co 9, 19). Notre Sauveur aussi disait cela dans les Évangiles : Celui qui veut être le premier parmi vous, qu’il soit pour vous un esclave, de même que le Fils de l’homme aussi est venu, non pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie pour la rédemption de beaucoup (Mt 20, 27-28). C’est de la sorte qu’Isaïe également a prophétisé que les Égyptiens serviront les Assyriens, lorsque, par toute parole conforme à la foi, à l’orthodoxie et à la Loi, ils nous donnent pleine assurance et nous approuvent, qu’ils pensent et disent les mêmes choses (que nous) et qu’ils combattent pour la même espérance.

Lors donc que vous avez été préparés d’avance par ces paroles mesurées et peu nombreuses, en recevant dans les oreilles de votre cœur, avec tout éloge, les dogmes exempts d’altération qui (viennent) de la colonne des Égyptiens, glorifiez avec nous le Père, le Fils, qui est le Christ (et) qui s’est incarné pour nous, et le Saint-Esprit, parce qu’en vérité la Trinité est Trinité, bien que cet un de la Trinité, le Verbe qui (vient) du Père se soit incarné, en dehors du péché, dans la chair, qui (est) de nous (et) qui possède une âme intelligente ; car il est resté, même ainsi, un seul Fils, alors qu’il est glorifié avec le Père et le Saint-Esprit, ainsi qu’avant les siècles, de même maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il !

Scroll to Top