دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 64

COMME LES FIDÈLES AVAIENT DEMANDÉ QUE L’HOMÉLIE PRONONCÉE A CYR CONTRE LES BLASPHÈMES DE THÉODORET LEUR FUT RÉPÉTÉE, CETTE DERNIÈRE HOMÉLIE FUT AJOUTÉE, APRÈS QUE LE COMMENCEMENT EN EUT ÉTÉ ADAPTÉ À LA COMMÉMORAISON QUE L’ON CÉLÉBRAIT DES ENFANTS MIS A MORT PAR HÉRODE, ET APRÈS QU’IL Y EUT ÉTÉ FAIT ENCORE QUELQUES ADDITIONS. ELLE FUT PRONONCÉE DANS L’ÉGLISE APPELÉE κατὰ καινήν, C’EST-A-DIRE « QUI EST DANS LA (VILLE) NEUVE », OÙ SE GLISSAIENT CES RENARDS DE L’HÉRÉSIE NESTORIENNE.

Je voudrais, sachez-le bien, aujourd’hui encore comme autrefois déjà, élever la voix sur les tout petits enfants mis à mort par Hérode pour le Christ. Par une immolation si digne de louange ils sont arrivés dans un élan imprévu jusqu’à l’homme parfait, jusqu’à la mesure de l’âge spirituel (Ep 4, 13) et ils ont attesté qu’il était le Dieu puissant, l’enfant de Bethlehem qui est né pour nous et non pas en effet pour lui-même, comme crie également le prophète Isaïe : Un enfant nous est né (Is 9, 6). Le même en effet était encore le Fils du Père, le Verbe unique qui nous a été donné, parce qu’il s’est livré lui-même à Dieu le Père pour nous comme un sacrifice et une offrande de bonne odeur (Ep 5, 2).

Ces petits enfants qui ont été mis à mort avant ce sacrifice, qui donc ne les dirait pas bienheureux ? Car ils se sont trouvé une mort pleine de récompense, et (pleine) de la grande récompense du royaume des cieux ; c’est encore ce qu’a clairement prédit le prophète Jérémie. En effet, il a (d’abord) dit : Rachel qui pleurait ses enfants refusait de se consoler, parce qu’ils ne sont plus (Jr 31, 15) en donnant le nom de Rachel à Bethlehem, parce que c’est là qu’était enterrée Rachel, femme de Jacob ; — ce dernier a dit quelque part à son sujet : Je l’ai enterrée là sur le chemin de l᾿ἵπποδρόμος, c’est-à-dire de l’hippodrome, qui est Bethlehem ; — il a ajouté ensuite : Ainsi parle l’Éternel : Retiens-les lamentations de ta voix et les larmes de tes yeux; car il y aura une récompense pour tes enfants, dit l’Éternel (Jr 31, 16-17). Un autre traducteur en effet a traduit non pas « tes œuvres », mais « tes enfants ». Concède toutefois qu’on pourra penser que c’est également « l’œuvre » de la mère d’avoir livré ses propres enfants à l’immolation pour la piété. Quelle est donc la récompense de ses enfants ? Le prophète dit encore lui-même : ils reviendront du pays des ennemis où il y aura de l’espérance pour ta fin, dit l’Éternel, et tes enfants reviendront dans leur territoire (Jr 31, 17). En effet après avoir quitté le pays de leurs ennemis, des soldats d’Hérode qui mettent les enfants à mort, les tout petits enfants sont revenus dans leur territoire, et leur territoire comme le nôtre à tous c’est le Paradis, le pays et la maison paternelle du premier père, de telle sorte donc que, tant que nous sommes dans ce séjour, nous demeurons en dehors de notre territoire ainsi que des sujets chassés et expulsés en exil. Nous avons après notre fin cette espérance, qui est le retour bienheureux vers ce territoire, que ces enfants ont obtenu rapidement.

On ne les prendra donc pas en pitié comme ceux qui ont supporté des souffrances dignes de pitié, mais bien plutôt on les estimera bienheureux, parce qu’ils sont devenus les ainés du chœur des martyrs qui ont souffert pour le Christ.

Je voudrais, comme je l’ai déjà dit, leur consacrer toute cette homélie et je ne sais comment vous m’entraînez dans une autre voie et comment vous désirez entendre ce qui a été dit à Cyr, — c’est en effet le nom de cette ville, — contre ceux qui divisent le seul Jésus-Christ notre Seigneur et notre Dieu au moyen de la dualité des natures après l’union. Cela me paraîtrait en vérité très discutable et bien inutile, si je ne m’étais pas rappelé de nouveau l’image de Moïse et si je ne l’avais pas considérée. Celui-ci en effet avait lu devant les enfants d’Israël la Loi que Dieu leur avait donnée sur l’Horeb, et encore après l’espace de quarante années qu’ils avaient passé dans le désert, alors que tous ceux qui étaient sortis d’Égypte pour ainsi dire étaient déjà morts, il répétait aux enfants de ceux-ci la même Loi brièvement, tandis qu’il se trouvait à l’ouest de Moab dans la région voisine des flots du Jourdain, avec un récit court et instructif et une clarté parfaite : de là vient qu’il a encore donné à ce livre le nom de « répétition de la Loi ». Par conséquent cela ne s’éloigne pas de cette image, que nous aussi, après avoir quitté cette ville dans laquelle il y avait certains hommes remplis de zèle au point de vue des dogmes pour l’ancienne idolâtrie des Égyptiens et non pour la véritable piété actuelle, nous reprenions de nouveau la même homélie, et cela quand nous sommes charmés par vos dogmes orthodoxes comme par les flots du Jourdain et non pas seulement par notre présence (au milieu de vous). Peut-être en effet y a-t-il aussi ici quelqu’un qui soit Égyptien comme le premier par l’impiété. Mais nous avons la confiance que de même que ceux-ci sont revenus de l’erreur de leurs pères, de même ces derniers se repentiront et abandonneront leur mauvais esprit.

Voici l’homélie que nous avons prononcée dans la ville mentionnée un peu plus haut, — après la première phrase où nous remerciions dès le commencement celui qui était à la tête de cette Église d’avoir servi à ses fidèles la parole de Dieu sans diminution et sans altération :

Parce que nous avons vu, etc….

Dans quelques manuscrits de l’Évangile il est encore écrit : Des gouttes de sang coulaient de son corps d’une manière surprenante comme des gouttes de sueur (Lc 22, 44), afin qu’il fût séché de notre nature et qu’il devint semblable à celui qui rejette et chasse la source de la crainte. Sinon, si ceci ne s’était pas passé d’une manière symbolique et s’il n’était pas plus timide et plus craintif que tout le monde à cause de l’humiliation et de la faiblesse qui sont en dehors de la nature, il devait être mouillé par les gouttes de sang comme par l’humidité de la sueur.

Tel est également ce qui est dit, — ce que beaucoup croient avoir été ajouté à tort dans quelques évangéliaires : — II y avait un ange qui se tenait auprès de la croix et qui le fortifiait (Lc 22, 43). Car ceci avait également lieu par suite d’une disposition prise à cause de nous. En effet, dans les combats pour la piété comme aussi dans les autres, il nous a lui-même délivrés quand il a fait une belle confession devant Ponce-Pilate (1 Tim 6, 13), comme dit l’Apôtre, et quand il a montré par son propre exemple que ceux qui doivent soutenir des combats sacrés et saints auront les anges pour les secourir. Car s’il était lui-même la sagesse capable de tout et la force du Père, comment avait-il besoin d’un ange pour le fortifier, lui qui avait tous les anges à son service en tant que Seigneur et Créateur, même quand il vivait humainement au milieu des hommes ? Et voici, dit en effet Matthieu, les anges s’approchèrent et ils le servaient (Mt 4, 11). Lui-même, parlant tout à la fois conformément à l’économie et suivant l’humilité, disait aussi : Est-ce que tu penses que je ne puisse pas maintenant prier mon Père qui m’enverrait de nombreux (aides), plus de douze légions d’anges ? Comment donc s’accompliraient les Écritures d’après lesquelles il doit en être ainsi (Mt 26, 53-54). Il m’était agréable de poser cette question à ceux qu’enivrent les idées de Nestorius : Si le Christ possédait le Verbe de Dieu qui habitait en lui, selon leur expression, comment avait-il besoin du secours d’un ange ? Α ce moment-là, était-il privé de l’habitation ? Ou bien celui qui habitait en lui n’était-il pas capable de le secourir ? Car il est de toute nécessité que vous disiez l’un ou l’autre. Réveillez-vous donc, ô vous, et sachez désormais que vous-mêmes vous tombez sur vous-mêmes, que vous déraisonnez sur un point capital et certain en disant que celui qui a été crucifié pour nous est un homme pur et simple, et que vous blasphémez et parlez comme les Juifs. Car l’impur Théodoret ne rougit pas de dire dans sa réfutation des « Chapitres » du sage Cyrille que le Christ a besoin du secours d’un ange et de poser la question suivante tout en attaquant son concurrent par la moquerie : « Quel est celui qui a eu besoin du secours d’un ange ?» Ils ont même représenté cela sur les murs par l’art des peintres, quand ils ont fait des images par manière d’imitation, ceux que les mêmes choses ont rendus furieux comme ce dernier, et qui pensent tourner en dérision la faiblesse du Christ que nous avons montrée être une disposition sage et divine. Celui qui est venu en effet prendre nos infirmités et nos maladies, comme dit le Livre divin (cf. Mt 8, 17), comment devait-il se soucier qu’il passât pour faible et que nous jugions que l’humiliation qu’il a prise sur lui à cause de nous est un déshonneur ?

C’est pourquoi c’est aussi pour nous qu’il a poussé, etc…

FIN DE L’HOMÉLIE LXIV.

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