دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 59

CETTE (HOMÉLIE) FUT ÉGALEMENT PRONONCÉE A CYR, SUR L’ÉCONOMIE DE L’AVÈNEMENT DANS LA CHAIR DU CHRIST NOTRE DIEU,

CONTRE LES BLASPHÈMES DE THÉODORET.

Parce que nous avons vu que le fondement qui est Jésus-Christ (1 Co 3, 11) a été bien posé par le docteur et le sage maître-charpentier de cette Église sainte, qu’il a été jeté en profondeur et consolidé, après que votre cœur eut été creusé d’une façon très habile et d’une manière convenable avec le hoyau doctrinal des dogmes de la piété, et qu’il n’est ni ébranlé par l’imagination manichéenne et athée d’Eutychès, ni sapé par le manque impur d’intelligence d’Apollinaire, ni brisé en deux tronçons isolés par la folie juive de Nestorius de la dualité des natures après l’union, mais que (le Christ), formé de deux, à savoir de la divinité et de l’humanité qui sont entières selon leur notion propre, sans confusion et sans division, est confessé un seul Fils (et) un seul Seigneur d’après la seule personne, la seule hypostase et la seule nature incarnée du Verbe, (pour cette raison donc) nous continuerons nous aussi de bâtir avec précaution sur ce fondement bien établi : car c’est une pierre angulaire, de choix et de grand prix (Is 28, 16).

Il est une pierre angulaire, parce que le Christ a réuni les choses qui étaient éloignées, d’une part quand par le corps de sa chair et par le sang de sa croix, ainsi que dit Paul, il a fait la paix et la réconciliation entre ce qui est sur la terre et ce qui est dans les cieux (Col 1, 20.22), car nous étions exilés ainsi que dans une guerre et odieux à Dieu à cause du péché, et d’autre part quand par une seule proclamation de l’Évangile il a appelé ceux qui appartenaient à Israël et ceux qui appartenaient aux peuples dépourvus de Dieu et enchaînés par l’idolâtrie et que par là des deux partis il n’en a fait qu’un seul et qu’il a renversé le mur intermédiaire de la haine (Ep 2, 14) ; le même en effet est appelé aussi le médiateur des hommes et de Dieu (1 Tim 2, 5). Et de même que le propre de la pierre angulaire est d’être liée avec les deux murs à la fois et de les unir ensemble pour n’en faire qu’une seule chose et que pareillement le propre du médiateur est d’être en relation avec chacun de ceux qui se trouvent éloignés et ennemis; de même aussi le Christ lui-même par nature est Fils et de la même essence (οὐσία) que celui qui l’a engendré et par son amour il est devenu sans changement de la même essence (οὐσία) que nous, afin de nous relever en même temps que lui-même et de nous faire demeurer en compagnie du Père céleste, nous qui étions séparés et éloignés et qui gisions morts par le fait du péché. Comment donc celui qui a réuni les choses qui étaient éloignées et qui les a amenées à ne faire qu’une seule chose, serait-il lui-même divisé en deux après l’union ? Car ce qui paraît provenir de deux éléments dans une seule hypostase, ne confond nullement les éléments desquels il a été réuni en un seul et ne devient pas deux non plus dans la suite, afin de ne pas détruire l’union, car la dualité est la destruction de l’union.

Le même est dit une pierre de choix et de grand prix (Is 38, 16), parce que, en tant qu’il est Dieu, il est le Fils unique du Père, qui est en dehors de toute nature créée et qui n’est ni compté avec les créatures ni mis dans leur nombre, et parce qu’il est le Seigneur de tout honneur et de toute louange. C’est ainsi que l’épouse du Cantique des Cantiques, qui figurait l’Église à l’avance, dit aussi de lui : Le fils de mon frère est blanc et vermeil, il est choisi entre dix : mille parmi ceux qui sont nés (Ct 5, 10) — Le fils de mon frère, parce qu’il a participé à la même nature, lorsqu’il s’est fait homme sans changement, et parce qu’il a été appelé le premier-né entre beaucoup de frères (Rm 8, 29). Car nous sommes également les membres de son corps, faisant partie de sa chair et de ses os (Ep 5, 30), ainsi que l’Apôtre l’a écrit aux Éphésiens. — Le même (est dit) blanc à cause de l’éclat et de la lumière, car il est la véritable lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde (Jn 1, 9), comme le dit Jean le Théologien. — Le même, et non pas un autre, (est) de plus (appelé) vermeil, à cause de la couleur rouge du sang qu’il a versé volontairement quand il a porté la croix pour nous dans la chair. — (Il est dit) choisi entre dix mille parmi ceux qui sont nés (Ct 5, 10), c’est-à-dire qu’il n’est pas compté avec les myriades des anges, mais qu’il est choisi et qu’il se trouve loin d’eux, à cause de la propriété et de la réalité vraie de sa naissance de son Père avant les siècles : c’est pourquoi en effet le Livre sacré s’est également servi du mot « naissance » emprunté aux choses corporelles et il l’a appelé choisi parmi ceux qui sont nés, afin de montrer qu’il est né de l’essence du Père.

Telle est encore la parole qui semble être adressée au Fils par la personne de Dieu le Père par l’intermédiaire du prophète Psalmiste : Je t’ai engendré de mon sein avant l’aurore (Ps109, 3). Car le mot « sein » est étranger à l’essence incorporelle et supérieure à tout, mais il indique et signifie la naissance véritable et semblable à la naissance naturelle. Le Livre divin se sert en effet de la pauvreté des mots qui sont en usage parmi nous, quand il veut élever autant qu’il est possible l’humilité et le terre à terre de notre esprit et le faire monter jusqu’à la hauteur des pensées divines et quand il s’abaisse à cause de cela à suivre l’habitude de nos oreilles, afin de peindre en nous  les images de la vérité et de faire avancer notre intelligence jusqu’à la raison de ses préoccupations par le signe des mots, car il est impossible de montrer en elles-mêmes des actions pures et simples autrement que par des mots différents et par des expressions très bien choisies.

Le Christ est donc le seul à être la pierre ; Il se trouve à l’angle, il est choisi, il est précieux, il est blanc et vermeil, selon la parole de l’épouse du Cantique des Cantiques ; le Verbe en effet s’est fait chair et il a habité parmi nous, comme le dit Jean le Théologien et l’Évangéliste, et quoique cela ne plaise pas à Théodoret qui a osé crier contre le Livre sacré des Évangiles et dire : « Si donc Dieu le Verbe ne s’est pas fait chair, c’est en vain que nous prendrions prétexte d’un changement ». Comment en effet Dieu le Verbe qui était au commencement, qui était auprès de Dieu et qui était Dieu (Jn 1, 1) allait-il abandonner ce qu’il était et se changer en ce qu’il devait devenir ? Car le prédicateur de la vérité nous donnait un avertissement préliminaire, quand il répétait souvent ce mot « il était » ; et, pour ainsi parler, il semblait dire : Je te parle de celui qui est, ne te laisse pas aller à une opinion détestable et ne songe pas à un changement au sujet de celui qui  est immuable, lorsque tu entends dire : Celui qui est s’est fait chair à cause de nous en ne changeant pas ce qu’il était et en prenant en outre ce qu’il n’était pas, et il s’est fait homme en réalité. Parce que le même était par conséquent parfait comme Dieu et comme homme, Jean dit encore : Celui qui était dès le commencement, celui que nous avons entendu, celui que nous avons vu de nos yeux, celui que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant le Verbe de vie (1 Jn 1, 1). Il a dit aussi lui-même : Personne n’a jamais vu Dieu (Jn 1, 18). Comment affirme-t-il donc qu’il a vu et touché le Verbe de vie et vivant ? Ou bien il est certain que, en ce qu’il s’est incarné et s’est fait homme, il a consenti à devenir visible et tangible, puisqu’il a été vu et touché non pas dans ce qu’il était, mais dans ce qu’il est devenu. En effet comme il est un et indivisible, le même était et visible et invisible, et il ne tombait pas sous le toucher et il était touché ; le même parlait en Dieu et en homme ; comme il convenait à Dieu, il faisait des miracles, et conformément à l’économie il endurait les souffrances. Ce n’est pas pour autre chose qu’il s’est fait homme si ce n’est pour supporter la souffrance à notre place et pour dire les paroles qui nous convenaient à la place de notre race. Car lorsqu’il était sans chair, il ne lui était possible ni de souffrir ni de parler ainsi humblement et humainement. Mais quand il se fut incarné en prenant un corps animé par une âme intelligente et capable de souffrir, c’est avec raison qu’il a parlé humainement et qu’il a souffert dans ce corps capable de souffrance, tout en demeurant lui-même, en tant que Dieu le Verbe, incapable de souffrance et impassible. Car ce n’est pas à cause de la souffrance de la divinité, que quelques-uns nous imputent par ignorance, que nous le séparons de la chair ; c’est là en effet le fait de ceux qui sont effrayés et ébranlés, de ceux qui éprouvent de la crainte là où la crainte n’existe pas, qui tombent dans les accusations qu’ils portent contre les autres, qui tremblent comme s’il s’agissait d’un Dieu passible et qui l’éloignent de la souffrance, en le séparant de la chair à laquelle il s’est uni. Car nous autres nous sommes persuadés que, lorsqu’il se fut incarné, il a été également uni avec la mort par la chair, — ce n’était pas possible autrement, — et qu’il n’a enduré aucune des souffrances dont il était incapable. Mais il est devenu lui-même la souffrance des souffrances et la mort de la mort, parce qu’il n’a pu ni sortir au-dessus de la chair ni non plus s’approcher complétement de l’impassible, mais que même dans la résurrection il est devenu lui-même mort et qu’il n’a pris non plus celui qui se croyait pris par lui, de telle sorte donc que le Christ ne craignait pas la mort qu’il a vaincue de cette manière avec puissance. Car elle appartenait non pas à la crainte, mais à l’économie et à notre guérison, la parole qu’il a dite : Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi (Mt 26, 39). Celui, en effet, qui venait à la souffrance avec un grand désir à cause de notre salut : J’ai désiré, dit-il, d’un grand désir manger cette Pâque (Lc 22, 15), c’est à-dire cette souffrance, qui a blâmé Pierre d’avoir dit au sujet de la prophétie de la croix : À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas, et qui lui a répondu : Va derrière moi, Satan ; tu m’es un scandale ; car tu ne conçois pas les choses de Dieu, mais tu n’as que des pensées humaines (Mt 16, 22-23), comment le même allait-il fuir, lorsque le moment était arrivé et était imminent, ce vers quoi il s’était porté en toute hâte ? Mais, comme je l’ai dit, c’étaient là des paroles qui appartenaient à l’économie et à notre guérison. Le calomniateur, en effet, avait trompé Adam et Eve et les avait persuadés de manger de l’arbre défendu, en leur disant : Le jour où vous en mangerez, vous serez comme des dieux (Gn 3, 5). Il fallait qu’il fût lui-même pris dans les mêmes pièges, qu’il fût trompé par le refus du calice, qu’il se précipitât comme sur un homme effrayé par la mort et qu’il le trouvât Dieu impassible et que de cette sorte il fût vaincu dans Adam qu’il avait frustré de l’espoir de la divinité. En outre il a également fermé la bouche insolente des Juifs qui seraient allés jusqu’à dire : Nous ne sommes pas coupables d’avoir crucifié celui qui de sa propre volonté a couru à la souffrance. En troisième lieu par ces paroles il nous donnait une leçon à nous-mêmes, à savoir de ne pas courir aux luttes pour la piété sans y être appelés, de ne pas y aller témérairement de nous-mêmes et de ne pas mettre en nous notre confiance ; mais, quand l’occasion se présente, de lever nos regards vers Dieu et de dire : Que ce calice s’éloigne de moi ! Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux (Mt 26, 39). Que cela a été dit pour notre instruction, c’est, en effet, bien certain, puisque la volonté du Fils et du Père n’est pas différente, mais est une seule et même volonté. En outre par ces paroles il nous montrait encore qu’il a participé à la même nature que nous, celui qui était effrayé par la mort et qui a enduré volontairement la souffrance de la crainte et de l’angoisse, il disait : Mon âme est dans l’angoisse jusqu’à la mort (Mt 26, 38 ; Mc 8, 34), afin que ces douleurs qui étaient entrées en lutte avec le Christ la force du Père, fussent radicalement arrachées de notre race. En effet, de même que, lorsqu’il a porté volontairement la mort dans la chair, il a planté par elle l’immortalité, de même quand il a enduré volontairement la souffrance de la crainte, il a semé par elle la force et la vaillance dont il arme en vue des grandes luttes du martyre ceux qui ont cru en lui.

C’est pourquoi c’est aussi pour nous qu’il a poussé sur la croix le cri : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27, 46 ; Mc 15, 35) lorsqu’il a pris sur lui la défense de toute notre race ; car c’est nous qui étions abandonnés à cause de la désobéissance d’Adam notre premier père. En effet, que ce n’est pas lui-même qui était abandonné, il le disait à l’avance à ses disciples lorsqu’il parvenait à la souffrance salutaire : Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté et où vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car mon Père est avec moi (Jn 16, 32). Par conséquent ce n’était pas lui qui était abandonné, mais il a poussé ce cri pour nous qui étions abandonnés, dont il parlait aussi par le prophète David, en disant à l’avance les mêmes paroles : Mon Dieu, mon Dieu, écoute-moi ; pourquoi m’as-tu abandonné ? La voix de mes péchés éloigne mon salut (Ps 21, 2). Ce n’est pas, en effet, pour ses propres péchés qu’il priait, celui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude (1 P 2, 22 ; cf. Is 53, 9). L’Apôtre a appelé ce cri un grand cri (He 5, 7) dont il a accompagné sa prière ainsi que de larmes, parce qu’il nous a emprunté les larmes aussi bien que la voix ; car grand était en réalité le cri qui a pu, durant tout ce temps, incliner vers nous les oreilles du Père qu’avait détournées la désobéissance d’Adam. Comment en effet allait-il avoir besoin d’un grand cri, quand le Fils priait pour lui-même, alors que le publicain et la femme adultère gémissaient, pleuraient en silence et étaient exaucés ? Que c’est à cause de l’économie qu’il priait, et non parce qu’il en avait besoin lui-même, il l’a fait connaître lorsqu’il a prié pour Lazare : Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé ; pour moi Je savais que tu m’exauces toujours ; mais c’est à cause de la foule qui m’entoure que j’ai parlé, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé (Jn 11, 41-42).

De même donc qu’il s’est approprié nos péchés, alors qu’il ne connaissait pas de péché, de même il appelait aussi notre salut son propre salut et il disait, tout en étant lui-même le Sauveur : La voix de mes péchés éloigne mon salut (Ps 21, 2). C’est pourquoi il criait vers celui qui pouvait le sauver de la mort et il était exaucé à cause de sa piété (He 5, 7). Bien qu’il demandât à être lui-même sauvé de la mort, il n’a pas été exaucé d’une manière absolue, car il est mort ; mais si nous nous réveillons et si nous comprenons (bien), il a été exaucé lorsqu’il priait pour que nous fussions par lui sauvés et délivrés de la malédiction de la mort portée contre Adam, qu’il a détruite par sa propre mort. De même qu’il nous a emprunté la prière et les larmes, de même il nous a emprunté encore la piété et le fait d’apprendre l’obéissance par les choses qu’il a souffertes (He 5, 8). En effet ce n’est pas lui-même qui avait besoin d’apprendre, lui qui connaît tout ; mais comme il a voulu être les prémices de notre race, il a suppléé aux manques et aux défauts d’Adam. C’est pourquoi il est dit encore qu’il a été élevé à la perfection (He 5, 9) lui qui est parfait dans toute sa nature, lorsque, s’étant fait homme, il s’est approprié notre imperfection et qu’il nous a donné un modèle (τύπος) doctrinal et qu’il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause d’un salut éternel (He 5, 9).

Comment donc Théodoret, en rougissant de ces choses qui sont ainsi dignes de Dieu en même temps que conformes à l’économie, en éloigne-t-il Dieu le Verbe qui, à cause de ces choses, s’est volontairement anéanti et abaissé ? Car s’il l’éloigne de ces choses comme de choses viles et petites, comment apprendra-t-il qu’il s’est abaissé ; mais, ne comprenant pas la sagesse de l’incarnation divine et donnant ces choses à la nature humaine séparément et à part, il divise en deux le seul Christ et il demande : « Quel est celui qui a été élevé à la perfection par les labeurs de la vertu et qui n’était pas parfait par nature ? Quel est celui qui a appris l’obéissance par l’épreuve et qui ne la connaissait pas avant l’épreuve ? Quel est celui qui a vécu avec piété, qui a présenté ses prières avec des larmes et qui ne pouvait se sauver lui-même, mais priait celui qui pouvait le sauver ? » Si tu dis et si tu penses que le Christ est un, comment poses-tu ces questions en employant ce mot « Quel est celui… ? » comme s’il s’agissait de deux personnes (πρόσὡπον), de telle sorte que tu appliques ces choses à l’homme séparément et non pas à Dieu le Verbe incarné et fait homme ? Pour nous, tout en sachant qu’il est un, en reconnaissant la distinction et en confessant que parmi les paroles et parmi les actions les unes sont dignes de Dieu et que les autres sont humaines, nous les lui attribuons toutes, sans oublier que le même est Dieu et homme, et nous ne les séparons pas et ne les divisons pas entre les deux natures. Car c’est là ce que Paul a également indiqué en disant : Celui qui, dans les jours de sa chair, a présenté des prières et des supplications (He 5, 7-8) et (par-là) il connaît, sans la chair, avant qu’il se soit fait homme, celui qui a pris sur lui ces choses viles et humaines ; et il a ajouté : Quoiqu’il fût Fils, et (par-là) il a été étonné de toute cette humiliation acceptée pour nous comme de l’humiliation du Fils de Dieu par nature. Nous lui offrons la louange ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit, maintenant, toujours et dans tous les siècles. Ainsi soit-il !

 

FIN DE L’HOMÉLIE LIX

Scroll to Top