Λόγος συντακτικός OU PAROLES D’ADIEU, LORSQU’IL SE PRÉPARAIT
A PARTIR POUR VISITER LES SAINTES ÉGLISES DES CAMPAGNES
ET DES VILLES ET LES SAINTS MONASTÈRES.
Soucieux de suivre la loi qui nous vient des Pères, nous partirons demain pour visiter les églises saintes des campagnes et des villes et les monastères sacerdotaux des ascètes qui se consacrent à la vie monastique. Dieu dirigera notre marche suivant sa parole que David a rapportée dans les Psaumes.
Car la loi veut que celui qui, à quelque époque que ce soit, occupe ce siège apostolique, visite, en quittant la ville, le troupeau du diocèse. J’estime que cette loi est convenable. Comment en effet ne serait-elle pas convenable, elle qui est ancienne et en même temps honorée, qui s’appuie non seulement sur les décisions des Pères mais aussi sur les paroles du Livre inspiré par Dieu ? Il est écrit que le prophète Samuel menait à Ramatha la vie ascétique, y avait sa demeure habituelle, faisait le service de l’autel et y exerçait le ministère sacerdotal. Lorsqu’il faisait des sacrifices pour le peuple, il circulait et se rendait dans les lieux célèbres et saints, visitant et jugeant Israël. Le Livre sacerdotal a ces paroles : Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. Et il voyageait constamment chaque année, il circulait à Béthel, à Galgala et à Mispa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux saints. Son retour avait lieu à Ramatha ; là était sa demeure, et il jugeait là Israël, et il construisit là un autel au Seigneur (1 Sm 7, 15-17).
Cette coutume de visiter et de circuler qui sied à ceux auxquels a été confiée la direction du peuple, ne manquait pas non plus aux. Il est écrit dans les Actes des Apôtres : Après quelques jours, Paul dit à Barnabé : Retournons-nous-en et visitons les Frères dans toute ville où nous avons annoncé la parole du Seigneur, (pour voir) comment ils se trouvent (Ac 15, 36). On a déjà montré que ce voyage est légal et nécessaire, et non pas superflu et oiseux. Mais vous, dans quel état pensez-vous que je me trouverai lorsque je cesserai pour un peu de temps de me mêler avec vous les amis de Dieu ? Ou de quelles paroles me servirai-je si je prolonge un peu trop mon absence et me prive de votre vue sacerdotale ? N’est-ce pas de ces paroles que saint Paul écrivait aux Thessaloniciens en disant : Nous, ô nos Frères, qui avons été fait orphelin de Vous pour un moment, de vue et non de cœur, nous étions surtout sollicités par un vif désir de voir votre visage (1 Th 2, 17). Qui admirerait comme il convient la puissance de ces paroles ? Au milieu d’elles je suis saisi d’étonnement lorsque j’y vois mêlée cette charité que le Christ a enflammée, lui qui dit : Je suis venu jeter le feu sur la terre et je voudrais qu’il brûlât déjà (Lc 12, 49). C’est au sujet de cette charité que la fiancée du Cantique des Cantiques qui symbolisait à l’avance l’Église, dit : Beaucoup d’eau ne pourra éteindre la charité et les fleuves ne l’emporteront pas (Ct 8, 7).
En premier lieu, cet abandon qui est très court — je ne dis pas : ce voyage — il l’appelle un orphelinage qui a eu lieu pour un moment. Car il n’a pas dit ‘Lorsque nous nous fûmes séparés’, ou lorsque nous nous fûmes éloignés de vous, mais ‘Lorsque nous avons été fait orphelin de vous’, montrant par-là que la charité était comme l’amour filial et paternel, et qu’elle possède la puissance de la nature ; bien plus, que chez beaucoup elle est encore plus attachante que celle-ci. Mais ici encore il revient à l’ordre naturel ; prenant en effet la figure d’un père, saint Paul s’appelait un orphelin et donnait à entendre qu’il possédait en lui les deux amours en même temps l’amour paternel et l’amour filial, aimant comme un père qui souffrait dans son amour, et comme un enfant qui ne peut supporter l’orphelinage. Un père en effet pourrait peut-être supporter la séparation des enfants, mais un fils n’a ni la philosophie ni la force d’agir ainsi ; aussitôt il se laisse aller aux larmes et aux sanglots. Il ne dit pas seulement : Lorsque nous avons été fait orphelin ; mais lorsque nous avons été fait beaucoup orphelin de vous. Alors qu’il avait été enlevé et arraché à eux et que, comme par la nécessité, il avait été entraîné violemment, il montrait cela par une addition et une extension de la locution dont il se servait : Nous avons été fait beaucoup orphelin de vous.
En second lieu, il a ajouté qu’il a été séparé de vue seulement et non de cœur, indiquant qu’il circulait encore parmi eux en pensée, et se consolait ainsi. Il brûlait et était enflammé par la perte de leur vue corporelle, c’est pourquoi il disait : Nous étions surtout sollicités par un vif désir de voir votre visage. Dans lequel de ces mots dois-je classer le sens ? Dans « surtout » ? Dans « Nous étions sollicité » ? Dans « par un vif désir » ? Tous ces mots me montrent que l’ami était enflammé comme quelqu’un qui serait anxieux, empressé et avide de voir sans mesure et sans restriction celui qu’il aime. Tel était Paul qui possédait en lui le Christ et qui, comme d’une source d’amour divin, répandait des flots de paroles et de sens divins et enflammés. Lorsque, moi le petit, je vois l’image de sa grande vertu et l’abondance de votre beauté spirituelle, je suis frappé dans mon âme à cause de vous, alors que je suis un ami honteux et inutile et que je suis entraîné loin de vous de force et non volontairement. Mais, comme nous avons été rachetés pour un prix, et pour un prix très grand, par le sang du Christ (cf. 1 Co 6, 20), il faut absolument que nous suivions les commandements du Maître et que nous emplissions la voie tracée devant nous.
Je veux vous adresser ne courte exhortation en me servant de nouveau des paroles que saint Paul écrivit aux Philippiens : Donc, mes amis, comme vous avez obéi en tout temps, non seulement en ma présence, mais maintenant beaucoup plus en mon absence, travaillez à votre salut avec crainte et effroi (Ph 2, 12). Souvenez-vous de moi pour les offices des psaumes aux séances nocturnes, pour les prières du soir, à cause de cette colère qui était descendue sur nous, pour ces supplications accomplies à cet égard, que nous crûmes devoir faire pendant tout ce mois, deux fois par semaine. Il nous a fallu pendant tout ce temps-là supporter cette fatigue, jusqu’à ce que nous eussions appris que nos frères, qui étaient travaillés par ce mal, étaient délivrés de ce terrible fléau. J’avais craint de vous causer de l’angoisse et des charges, et de vous imposer un fardeau sans que vous satisfassiez au commandement, vous qui aviez montré votre volonté en appelant de la joie les théâtres et les divertissements inutiles.
Allez à l’église d’une manière constante et suivie. Là, étendant vos mains, suppliez Dieu de vous diriger vers toute bonne œuvre et de vous aider. Ne dormez pas de peur que, pendant que vous ne seriez pas sur vos gardes, les démons, à l’instar de certains barbares, ne s’élancent sur vous. Qu’ils ne voient pas que vous n’êtes pas fortifiés et que vous êtes privés du secours de Dieu. Ils ont une vue perspicace, vigilante, attentive, meurtrière, car ils ne s’endormiront pas sans faire du mal ; le sommeil est écarté de leurs yeux et ils ne dorment pas (Pr 4, 16), dit ce Livre sacerdotal. De tous côtés fortifiez-vous donc par la foi et la pureté de la chair, en faisant le signe la croix sur votre front et en revêtant la puissance des saints mystères comme une cuirasse spirituelle. Par une abondante miséricorde pour les nécessiteux vous vous attirerez la miséricorde d’en haut. Et nous aussi, éloignés de vous, nous vous aiderons, en sollicitant ces hommes qui ont quitté le monde et qui sont près de Dieu, pour qu’ils étendent leurs prières pour vous, des prières pures et rapides que ne retardent ni la matérialité ni la distraction et qui volent vers le ciel. Nous croyons qu’il y a un seul Dieu dans la Trinité le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Qu’il soit comme un mur triple et inexpugnable pour la ville, terrible et invincible pour Satan et les démons. Faisons monter par-dessus tout la louange au sauveur de nos âmes, auquel appartiennent la gloire, l’honneur et le pouvoir pour l’éternité. Amen !