SUR LES MACCHABÉES
Le panégyrique des jeunes Macchabées fournira, semble-t-il, à cause de la splendeur de leurs combats, d’abondantes matières de dissertations à ceux qui en traiteront. Mais, comme il surpasse toute imagination de l’esprit, il montrera la faiblesse et la pauvreté de ceux qui feront l’éloge, et combien, avec de grands moyens, ils demeureront au-dessous de la vérité. Un peintre qui verrait un objet étrange et en dehors des conditions ordinaires, possédant par sa nature une beauté infinie, et qui chercherait à rendre cet objet par des couleurs, peindrait sans doute une image parfaitement belle et convenable qui ressemblerait au modèle si splendide et séduisant, mais qui serait inférieure à son sujet parce que l’art ne peut reproduire exactement la beauté naturelle.
Nous aussi, lorsque par les artifices de la parole, pour ainsi dire, nous voudrons peindre la beauté (εὐπρέπεια) spirituelle et l’ardeur juvénile et courageuse pour la religion (εὐσέβεια) des sept jeunes gens, nous dirons assurément de belles choses, de très belles choses, mais c’est le propre du sujet que ces choses soient fort éloignées de la grandeur des exploits, qu’elles s’écartent aussi et soient au-dessous de la nature même.
Nous apprenons seulement que les sept jeunes gens, au sortir de l’enfance, s’avançant par la porte de la jeunesse, étaient comme les degrés d’une échelle, à peu de différence d’âge les uns des autres. Mais ces jeunes gens souffrirent tous la même mort pour la religion en subissant des supplices de différentes espèces. Avant eux, ce fut Éléazar, un vieillard et un prêtre, qui enseignait les souffrances pour la vertu plutôt que la Loi Après eux, ce fut leur mère, d’un Age avancé, qui elle aussi, parce qu’elle supportait héroïquement les supplices de ses enfants, résista à ses sentiments de mère.
Qui, en l’apprenant, ne serait pas frappé d’admiration ? Quelle âme ne serait pas stupéfaite ? Quelle accumulation d’expressions appropriées à ces exploits pourrait les élever à leur hauteur ? Certes par des éloges procédant de l’imagination et de cet art qui promet un style solennel, ils restent à terre. Ils volent vers le ciel ; ils s’élèvent par leurs propres ailes et non pas par des ailes artificielles et étrangères. Vers Dieu, qui a institué le combat pour la religion, ils s’écrient avec le prophète : Auprès de toi est notre louange dans la grande Église (Ps 21, 26).
En mentionnant l’Église, j’ai tiré de l’athlétisme de ces vaillants confesseurs un sens plus divin et mystérieux. Il me semble que ce sont des modèles le vieillard Éléazar est le type de la Loi qui a vieilli dans l’Écriture les jeunes gens qui ont reçu les instructions du vieillard et de leur mère sont l’image de l’Église qui a rassemblé les peuples ; qui autrefois était sans enfants, mais eut ensuite une nombreuse postérité ; qui, elle aussi, s’instruisit d’abord et apprit de la Loi ces enseignements élémentaires qui sont pour ainsi dire le premier alphabet de la religion ; elle, au sujet de laquelle la prophétesse Anne dit : La stérile a enfanté sept (1 Sm 2, 5), lorsque cette Église qui autrefois avait beaucoup de fils fut affaiblie.
Mais comment a-t-on représenté à vos yeux ce stade de la vertu, que n’a pas assombri même ce temps qui s’efforce de détruire les anciens principes ? Si ce n’est que, chanté par tous, il fait résonner aux oreilles des nouveautés qu’on n’aurait pas encore goûtées. Les mets exquis du repas, l’Ancien Testament les offre dans le cycle des années, et le Nouveau les donne avec amour sans qu’on s’en rassasie.
En tête, Antiochus le tyran, le cruel par excellence, était assis sur un lieu élevé. C’est le propre en effet de la vanité et de la pauvreté d’esprit de faire croire à ceux qui en souffrent qu’il est dur pour eux de se tenir sur la terre elle-même avec les autres hommes. Ils ont à cœur de s’élever en l’air, de monter et de marcher sur la pointe de leurs pieds, de lever le front et de s’exhausser le plus possible, semblables aux cèdres du Liban dont parle le Livre divin (cf. Ps 36, 35) en flétrissant leur stérilité et leur orgueil.
Autour de lui étaient rangées de nombreuses troupes de soldats et de porteurs de lances, ceints de leurs armes, qui pouvaient inspirer de la crainte aux spectateurs. En avant étaient placés divers instruments de toute espèce de supplices qui représentaient les différents genres de châtiments. Certains d’entre eux, extraordinaires, ne servaient qu’à titre d’épreuve. Mais tous également menaçaient d’une mort amère et violente. Par des lacérations les plus subtiles, si l’on peut dire ainsi, ils déchiraient en même temps la chair et l’âme. Peu à peu ils détachaient celle-ci du lien de leur union intime.
Au premier rang s’avançait le prêtre Éléazar dont la vieillesse se trahissait à ses cheveux blancs, mais qui était jeune d’esprit. On lui demandait de manger de la chair des sacrifices païens et de la chair de porc, et de renoncer au culte pur de la Loi. Le tyran croyait en effet que, s’il triomphait de lui, il vaincrait aussi la Loi et le sacerdoce, dont la ruine serait la conséquence de la défaite du vieillard. C’étaient ces institutions qu’il attaquait, et non pas en réalité les personnes. II pensait aussi que les jeunes gens et les disciples suivraient sans résistance leur maître. Mais il fut déçu dans son espoir et dans ses illusions.
Éléazar se rajeunit dans son corps vieilli et affaibli contre les dures calamités. Il fortifia les jeunes gens, eux qui étaient d’un corps ardent et vigoureux. Il prouva que la Loi était spirituelle, que le sacerdoce était sublime et élevé, en montrant qu’ils possèdent une espérance mystique pour laquelle on doit souffrir, et qu’ils n’existent pas seulement en apparence et par écrit.
Antiochus était très occupé à rire d’Éléazar comme de quelqu’un qui souffrait inutilement et dédaignait le mets très délicieux de chair de porc. Il appelait ce mets un bienfait de la nature, et il considérait comme une sottise de préférer la mort à un mets. Mais il tempérait ses menaces en riant de cet homme et en même temps en cherchant à l’effrayer. Parfois il montrait à son égard de la pitié et de la compassion ; il disait cet homme est courbé et affaissé par la faiblesse et le faix de la vieillesse.
Les mêmes sentiments étaient partagés par les serviteurs, les porteurs de lances qui entouraient en armes Éléazar et protégeaient ainsi le roi. De tous côtés ils entouraient en bon ordre le vieillard comme une tour de vertu. Mais celui-ci était pour eux inaccessible, complètement inexpugnable et invincible. Il disait « Notre Loi, ô Antiochus, est la vraie loi ; elle est l’œuvre et le don de Dieu, et non pas la doctrine d’un homme. Est-ce que tu n’as pas entendu parler de Moïse, de son jeûne de quarante jours, de la splendeur et de la purification qu’il en a tirées, du sommet du mont Sinaï, du nuage, de Celui qui lui faisait là des révélations, des Tables gravées par le doigt de Dieu, lesquelles étaient doublement écrites, à l’intérieur et à l’extérieur ? À ceux qui étaient très grossiers, ces Tables montraient la face extérieure de l’écriture, mais à ceux qui les contemplaient avec sagacité, elles indiquaient les profondeurs mystiques de l’esprit. De là nous est venue la répulsion pour les mets de chair de porc, laquelle nous instruit et nous enseigne à contenir la passion de la gourmandise, à ne pas rechercher les choses délicieuses et à observer ainsi la continence. Je respecte donc, ou le fondateur de la Loi, qui est Dieu, ou l’esprit de la Loi. Aux animaux privés de raison, il est permis de se servir, comme tu le dis, de l’abondance du don de la nature et de jouir des voluptés sans frein. Mais à l’homme doué de raison, il n’est pas permis de faire ni de manger tout ce qui est possible ; il a reçu une loi qui lui interdit certaines choses et qui lui en permet d’autres. C’est pourquoi nous appelons des brutes les barbares, eux qui se mettent tout sous la dent en obéissant à la nature et non pas à la Loi. Tel est l’esprit de la Loi, pour m’abstenir de parler des sens sublimes et surtout inexprimables.
Mais je dois encore m’adresser à l’impiété et à l’obéissance qui n’est pas conforme aux mystères. Que dirai-je au sujet de l’extérieur ou de la dignité du Grand Prêtre ? J’ai peur de la tunique qui descend jusqu’aux pieds et qui est tissée avec des couleurs variées et différentes. Elle montre que le Grand Prêtre doit être revêtu de tout l’ensemble varié des vertus. J’ai honte devant le pectoral des jugements, le symbole de la vérité, que devaient porter sur la poitrine ceux qui ont reçu le sacerdoce, en entrant dans le Saint des Saints, pour acquérir la raison intellectuelle qui est conduite par la parole plutôt que par la colère et les passions ennemies, pour pouvoir juger comme il faut, pour recevoir comme dans un miroir les révélations d’en haut et les directions et les transmettre aux initiés avec exactitude et vérité. Je suis confus devant la Cidaris, c’est-à-dire la tiare qui couronne la tête du prêtre en signe qu’il s’est fortifié contre les passions. Je tremble devant la bandelette d’or sur le front, sanctifiée par le nom de Dieu qu’elle porte seul gravé en lettres qu’on ne prononce pas. Elle illumine le visage du prêtre qu’elle conduit et auquel elle enseigne que lui seul verra Dieu. Lorsque je suis plongé dans ces pensées et dans beaucoup d’autres, pourquoi trahirais-je la loi de mes pères ? Pourquoi serais-je vaincu par un mets privé de raison ? Pourquoi souillerais-je ma bouche qui jusqu’à une telle vieillesse est restée pure ? Tu connais par là, ô Antiochus, l’état de mon âme ; prends donc maintenant une épreuve de mon corps.
Frappé, comme par des aiguillons, par ces paroles qui étaient pleines de philosophie, Antiochus donna l’ordre de lacérer le vieillard par des tortures. Aussitôt les serviteurs porteurs de lances, ces cruels, se mirent à frapper du poing, à multiplier les blessures. Par des coups de fouet ils le lacéraient, attaquant ses flancs et déchirant sa chair au point que son sang coulait abondamment.
Le vieillard, fixant ses yeux sur le ciel et courant avec empressement vers la voie céleste, soufflait et suait violemment. À la fin, sans avoir été contraint à exprimer une parole de faiblesse et de lâcheté, il fut livré à l’ardeur du feu. Alors, lorsque le reste de son corps fut consumé, et après la prière pour le peuple et les dernières paroles de l’agonisant adressées à Dieu, il s’envola vers les bienheureuses demeures des anges et des saints Pères.
Les jeunes gens, conformément aux instructions des prêtres, accueillirent les combats du maître et les méditèrent avec beaucoup de diligence et d’empressement. Ils connurent mieux que les enseignements de la Loi l’endurance du vieillard dans les souffrances, et ils la prêchèrent avec ardeur. Ils la conservèrent dans leur mémoire avec une exactitude remarquablement vive, sans aucune faute ni oubli. La science qu’ils reçurent, ce n’est pas principalement par la langue qu’ils l’enseignèrent et la transmirent, mais par un courage à la hauteur des supplices.
Chacun de ces jeunes gens fut amené en public suivant le rang de sa taille. Le tyran croyait, par un châtiment imposé à l’aîné, changer les autres en les effrayant. Lequel ne faillirait pas en effet par peur, en voyant les chairs de ses frères cruellement déchirées et mises en pièces ? Mais tel ne fut pas le résultat. Au contraire, cette idée de frapper par la peur excita ces vaillants guerriers armés de la piété à montrer un courage encore plus grand. L’aîné des frères songeait que c’était un devoir pour lui d’imiter son maître. Le second pensait que, outre le vertueux exemple de son maître, celui de son frère lui imposait aussi une obligation. Le troisième s’efforçait de surpasser ceux qui l’avaient précédé dans le combat et d’être un exemple d’héroïsme pour ceux qui restaient. Tous s’étaient associés les uns avec les autres dans les luttes et les combats. Chacun d’eux ne combattait pas seulement pour son propre martyre, mais aussi pour le martyre d’un autre. Celui qui s’était avancé le premier était une colonne animée pour celui qui suivait, et un symbole nouveau de courage qui subitement avait été écrit et placé devant lui, suffisant pour l’entraîner vers un zèle égal. Les derniers, en entrant dans le stade, éprouvaient l’athlétisme de leurs frères encore plus que ceux qui souffraient. Ils se préparaient à l’épreuve imminente, craignant non pas de suivre les traces de leurs devanciers, mais de ne pas montrer dans leur corps leur qualité de frères et la même énergie d’endurance dans les tortures variées produites par les instruments du supplice.
L’un était allongé sur une roue qui disloquait ses articulations en l’entraînant dans la rotation de son cercle, pendant que des charbons ardents, placés au-dessous, le brûlaient en même temps. Un autre était dépouillé de sa peau par des crampons de fer, comme on dépouille un mouton. Un autre, à l’ordre qu’on donnait de lui couper la langue, tirait de lui-même la langue et la tendait pour qu’elle fût coupée, montrant par-là que si quelque chose de caché à l’intérieur était réclamé pour le supplice, il le donnerait aussi, s’il dépendait de sa volonté de le produire. En effet, chacun d’eux avait grand souci de mettre en évidence, en face des nouveaux genres de peines, un empressement encore plus nouveau à être éprouvé dans tous ses membres à la fois et à supporter vaillamment de nombreuses épreuves avant que son âme ne se séparât de son corps. Ils estimaient que c’est souvent le propre des animaux d’être abattus dans un seul massacre, tandis qu’à ceux qui se distinguent par leur énergie il convient surtout de porter sur leur corps de nombreuses marques de courage, de marcher ensemble vers le glaive des adversaires, et de répandre leur sang aussi bien pour leur ennemi que pour leur parent.
Telle était la puissance des jeunes gens, ces vaillants héros, que je ne m’attarderai pas à faire le récit des actes de chacun d’eux. Telle était l’ardeur, la mieux préparée pour combattre, de ces confesseurs invincibles. De même que les ouvriers qui enchâssent dans une couronne d’or des pierres précieuses et extraordinaires, ne prennent pas des pierres d’une seule couleur, mais de couleurs diverses et variées, pour en faire jaillir un seul éclat ; ainsi ces jeunes gens s’élançaient avec joie vers ces inventions de supplice étranges et variées en ornant de diverses manières la couronne du martyre par des combats aussi variés que les pierres précieuses.
Lorsque six de ces frères eurent achevé leur course et, par leur course, furent arrivés à la couronne de l’appel céleste (cf. Ph 3, 14), le septième restait le dernier. II était surexcité par les six martyres précédents et plein d’ardeur pour combattre et lutter pour la religion. Le tyran qui en avait peur cherchait à l’affaiblir par des caresses et des promesses. Voyant que le jeune homme méprisait ses offres, il ordonna qu’on amenât près de lui sa mère, dont il aurait pitié à cause de son âge et parce qu’elle avait perdu ses fils. Il pensait aussi que celle-ci pourrait par sa présence, et à plus forte raison par sa parole, attendrir, fléchir et ramener à la nature l’athlète. Il échappait à cet insensé que c’était elle qui avait aussi oint les autres frères pour le martyre et les avait envoyés au ciel. Et même, près d’eux, à l’instar d’un général ferme et vaillant des guerriers de la religion, elle les exhortait, allant de l’un à l’autre, regardant et craignant qu’un de ses fils ne faiblît et ne chancelât. De chacun d’eux elle faisait un héros et en même temps elle établissait avec eux un pacte pour le supplice, dans l’espérance qu’elle périrait par le feu ou qu’elle serait coupée comme un arbre, lorsque ces branches sorties de sa souche seraient tranchées. Bref, elle proférait ces paroles de saint Paul : Mes fils, que j’enfanterai de nouveau jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous (Ga 4, 19).
C’est en secret et non pas visiblement qu’elle pensait, exhortait et agissait ainsi. Lorsqu’elle se fut approchée publiquement du plus jeune de ses fils conformément à l’ordre du tyran, elle jeta en hébreu une courte parole non seulement dans les oreilles de son fils, mais aussi dans son esprit. Ce n’était pas pour se cacher des serviteurs qu’elle parla dans sa langue paternelle, mais pour rappeler à l’athlète les premiers Pères et leurs anciennes victoires, et le pousser à un zèle égal. Elle enflamma et fit bouillir extrêmement le cœur du jeune homme, qui, dans son ravissement, s’empressait d’absorber cette mort amère comme du vin doux. « Détachez-moi des liens », criait-il à ceux qui se tenaient auprès de lui. Promptement délié par eux, qui croyaient par erreur qu’il était revenu de ses sentiments belliqueux, il s’élança et plongea dans un des chaudrons placés devant lui sur un feu flambant. Plus tôt qu’il ne le pensait, il réalisa son désir et rejoignit la troupe céleste de ses frères.
Après celui-ci, sa mère fit preuve de courage. Elle qui avait été éprouvée par de pareilles douleurs, qui avait été couronnée par les sept martyres de ses fils, elle aussi se ceignit de la couronne de ses fils, en montrant par les faits eux-mêmes de quelle racine avaient germé et crû ces vaillantes pousses. Le chandelier orné de sept lampes n’éclairait pas le Tabernacle autant qu’elle, par les sept lampadaires doués de raison de ses fils, faisait étinceler l’Église du Christ.
Écoutez cela, ô Mères, et élevez vos fils de la même manière. Laissez-les aller à l’église et encouragez-les à recevoir les enseignements des prêtres. Ne les faites pas étouffer par les préoccupations mondaines. Ce qui est visible n’a qu’un temps, mais ce qui est invisible est éternel (2 Co 4, 18), s’écrie le Christ en parlant par la bouche de saint Paul. Oh ! la mère sainte. Oh ! l’âme virile dans un corps de femme. Oh ! l’accord des frères qui nous ont montré une même éducation, une même vertu, une même endurance pour la même espérance, la même mort honorable. À ce sujet que nous dirons donc ceux qui tirent l’horoscope d’après le mouvement des planètes ? Ce n’est pas sans doute à la même heure comme dans la même station du zodiaque, c’est-à-dire dans la mesure d’un seul point, que leur mère les mit au monde. Ce n’est pas non plus, comme disent les sots Manichéens, parce que tous avaient en soi une grande partie d’un seul pouvoir. Mais la pensée dominante était une pensée pieuse qui était une en eux ; c’était la même couronne du martyre qui les invitait.
Ces martyrs, en tirant leur zèle de la doctrine de la Loi, précédèrent dans leur course les confesseurs de l’Évangile, de même que saint Jean-Baptiste précéda le Christ. Auparavant aussi les trois jeunes gens et Daniel, l’homme aux nobles aspirations, furent sauvés du four ardent à Babylone et de la fosse aux lions, et ils apparurent aux Barbares comme des êtres vénérables à cause des miracles et destinés à ramener les Israélites à cette Jérusalem qui est située sur terre. Les jeunes Macchabées, précédant la venue du Christ, la résurrection, la Jérusalem spirituelle, dont l’artisan et le créateur est Dieu, l’annonce du Royaume des cieux qui était déjà proche, partirent du stade des combats vers le ciel, en instituant les premiers et en nous enseignant l’espoir de la vie future à laquelle ils nous préparaient. Si ce fait n’avait pas précédé, conduit et dirigé par la Providence, que n’auraient pas dit ces Juifs aveugles en voyant mourir dans les supplices des hommes qui confessaient le Christ ? Ces Juifs qui n’ont pas d’yeux pour contempler le victorieux espoir de la résurrection, par les rayons duquel nous avons été éclairés grâce à la bonté et à la charité (φιλανθρωπία) de Celui qui nous y convie. À lui la gloire éternelle, amen !