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HOMÉLIE 46

Pourquoi nous faisons une célébration au jour de la mi-Pentecôte et sur la lecture qui convient, de l’évangile de Jean, disant : Voici qu’alors, lorsqu’on était déjà au milieu de la fête de la Pentecôte, Jésus monta au temple et il enseignait, et le reste …

 

Que personne ne nous prenne pour des gens déséquilibrés, parce que nous célébrons cette mi-Pentecôte, car nous (la) célébrons, non pas en scrutateurs ou comme des touche-à-tout sans réflexion, mais avec la charité divine, en manifestant qu’après avoir reçu avec foi la grâce de la résurrection, l’avoir goûtée comme un aliment très savoureux, l’avoir moulue sous nos dents, l’avoir absorbée dans notre estomac et en avoir ressenti encore davantage la suavité, nous revenons à ce même goût premier, en désirant et en aimant par la pensée ce qu’au début nous avons honoré de notre foi.

De la même façon en effet aussi, quand nous arrivons à l’achèvement de quelque chose qui est vraiment beau et bon, nous n’éprouvons aucune satiété, parce que, ce qui est vraiment aimé des gens, quand ils obtiennent ce dont ils avaient le désir, ils l’aiment, et ne lui préfèrent rien qui lui soit inférieur, et ils brûlent derechef du désir (qu’ils en avaient).

Mais, que ce qui est au milieu soit de même mis à l’honneur autant que le début et la fin, c’est la Loi aussi qui nous le fait savoir, puisqu’en effet elle ordonne et enseigne qu’il faut célébrer des fêtes trois fois dans l’année ; à savoir : Tu feras pour moi la fête des semaines (Ex 23, 14 ; Dt 16, 10. 16 ; 23, 17) au début de la récolte du blé, et : Il faut célébrer une fête de la récolte au milieu de l’année, dit (la loi). Mais cette fête, elle ne l’ordonne pas pour une autre raison, si ce n’est que, les fêtes étant si rapprochées dans le temps, nous ne pouvons jamais plus nous arrêter ni cesser de fêter Dieu et de nous souvenir de lui, tant il est vrai qu’une fête, c’est le souvenir de Dieu, selon cette parole du psalmiste David : Je me suis souvenu de Dieu et je me suis réjoui en lui (cf. Ps 9, 7 ; 102, 13).

Mais voyons de quoi parla Jésus aux Juifs, quand ce fut le milieu de la fête, et quelle chose il eut à cœur de remettre au point, parmi les paroles qu’il avait dites. Cette barrière mitoyenne (Ep 2, 14), comme dit Paul, il eut à cœur de la détruire, en abolissant par (ses) commandements la loi des préceptes (cf. Ep 2, 15). Car la loi était une barrière qui avait été donnée en vue de l’observation et de l’observance, et comme quelque chose qui clôturait, enfermait et entravait l’homme, par le moyen d’une législation.

Mais un mur mitoyen distinguait et séparait Israël des gentils, alors que pour tant, d’une part, de par la race ils étaient égaux, façonnés de la même boue, riches de la même image de Dieu et vivant comme des frères dans une seule maison en ce monde ; et d’autre part, de par la loi, ils étaient séparés par une barrière mitoyenne ; ne fallait-il donc pas qu’il s’ensuive équitablement que, par le moyen d’une fête, il y ait destruction de ce mur mitoyen ?

(Jésus) dit aussi dans les évangiles : Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour (l)’accomplir(Mt 4, 17) ; Mais regarde en quoi consiste cette destruction et ne sois pas troublé par ce qui a été dit, à savoir que la loi des préceptes a été abolie par les commandements. Car la loi avait un double (aspect) : l’un de surface, apparent et extérieur, montrant le précepte écrit, l’autre cachant en profondeur l’enseignement spirituel. L’esprit de la loi ayant été montré et révélé de la sorte par son accomplissement dans l’évangile par notre Sauveur, le précepte écrit fut laissé dans l’ombre par lui. En effet, alors que le législateur par Moïse disait : Tu ne tueras pas (Ex 20, 13 ; Dt 5, 17 ; cf. Mt 5, 21), le Christ, lui, qui est l’intelligence de la loi et qui en donne l’esprit, commanderait en vain : Tu ne te mettras pas en colère contre ton frère (Mt 5, 22), alors que c’est en cela surtout qu’il accomplit ce que veut la loi, car en attirant d’abord l’attention sur la colère où le meurtre est en germe, il réalise aussi ce qu’il avait prévu avec (tant) de soin. De même ce (commandement) : Tu ne tueras pas, il le met, d’autant plus en valeur, en en faisant quelque chose qui va rentrer dans l’ombre et se trouver cachée, grâce à un commandement plus important : jamais en effet celui-là qui ne se laisse même plus aller à la colère, n’ira jusqu’à tuer. De même aussi, quand il condamne le regard impudique et vain, qui tend vers la convoitise et est attiré par elle, il « accomplit » aussi et détruit le (commandement) Tu ne commettras pas d’adultère (Ex 20, 14 ; Mt 5, 27).

En effet, la loi étant spirituelle (cf. Rm 7, 14), Notre Seigneur d’une part l’accomplit par la nouveauté de l’esprit (Rm 7, 16) ; et d’autre part il l’abolit par la vétusté de la lettre (Rm 7, 6). C’est par ce qui la rendait antique et vétuste qu’elle était tout près d’être détruite, et ceci a plu à Paul le véridique qui a très bien dit : Elle fut tout près d’être détruite (Ce n’est pas une citation de saint Paul) et non pas : Elle fut détruite totalement, car, l’intelligence de la loi y ayant gagné, la loi lui a semblé persister ; mais elle lui a semblé aussi détruite, parce que le précepte écrit a semblé superflu.

C’est comme si quelqu’un, ayant dessiné un cercle sur une table, serait dit détruire l’esquisse (de ce cercle) qui ressemblait à une ombre, en y appliquant des couleurs qui lui seraient surajoutées. D’une part en effet il la détruit, parce que cette esquisse première paraît obscurcie ; d’autre part cependant elle demeure, parce qu’elle apparaît plus brillante, grâce à la beauté des couleurs placées sur elle. Tel est aussi ce que le Christ a révélé et montré en ce qui maintenant paraît évident. Quand les Juifs en effet lui faisaient des reproches comme à quelqu’un qui avait détruit la loi, parce que, à cet homme paralysé en ses articulations et en ses membres corporels, qui gisait sur un brancard, il avait ordonné de prendre son grabat le jour du sabbat et de marcher (Mt 8, 6) au moment où il montait au temple, il enseignait ce que précisément il appartenait à Jésus seul d’enseigner, à savoir ce Dieu qui s’est incarné, et il stupéfiait ses accusateurs, au point que tout étonnés ils dirent : Comment celui-ci connaît-il les lettres, sans avoir étudié (Jn 7, 14) ? Il ne fallait donc pas l’accuser, d’aucune manière, parce que, de toute manière, il dépassait la loi, celui qui n’avait pas besoin de l’apprendre pour enseigner autrui.

C’est pourquoi, quand il s’est incarné et qu’il est venu en toutes ces choses qui sont assujetties aux dimensions humaines et qu’il s’est familiarisé avec ce qui est nôtre pour le faire sien, le péché étant excepté, au point d’aller même se soumettre à la conception, à la naissance, aux langes même, à la taille (d’un enfant), à la nourriture, à la croissance, (toutefois) il ne s’est pas mis à l’étude des lettres. Il voulait montrer ainsi qu’il n’avait rien à partager avec autrui, c’est-à-dire rien à recevoir, soit en fait de don venant de Dieu comme à un homme, soit en fait d’enseignement ou d’approbation par des miracles, sinon qu’il était la Sagesse essentielle du Père et (sa) Puissance (cf. 1 Co 1, 24) : tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit, c’est de lui-même comme Dieu, l’étant par nature. En même temps aussi il montre que cette grâce qu’Adam possédait au commencement avant la tromperie du serpent, il est venu la rendre à notre race, parce qu’il n’a pas besoin du secours de la loi écrite.

C’est pour cette raison aussi qu’il choisissait des disciples qui ne connaissaient pas les lettres, et pour cela qu’il disait aussi : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé (Jn 7, 16) : premièrement, lorsqu’il esquive l’accusation qui lui est imputée d’être contre Dieu ; deuxièmement, quand il nous donne un exemple de modération et d’humilité ; troisièmement, ce qui est encore plus véridique, lorsqu’il reprend l’esprit pusillanime des Juifs, en disant : Vous pensez donc que ma doctrine est de moi comme d’un homme ? C’est pourquoi vous êtes étonnés : Comment est-ce que je connais les lettres sans avoir étudié (cf. Jn 7, 15) ?

Mais si vous étiez purs dans vos actions, (comme) ceux qui font la volonté de Dieu, vous pourriez examiner même les plus petites (de mes actions), vous sauriez que, étant le Verbe et le vrai fils du Père, j’enseigne sans avoir besoin d’étudier, et vous ne seriez pas étonnés que je connaisse les lettres sans avoir étudié ; Vous ne penseriez pas non plus que ma doctrine est de moi comme d’un homme, mais qu’elle est du Père, car tout ce qui est au Fils est au Père (cf. Jn 17, 10), de même tout ce qui est au Père est au Fils, puisque c’est la même essence, c’est-à-dire la divinité.

Si c’était ma doctrine, comme vous le pensez, de toute manière j’aurais des sentiments humains et j’attendrais, de mon action, une gloire personnelle (cf. Jn 7, 18). Mais, étant Dieu par nature, je suis devenu homme sans changement, et volontairement je suis descendu à toute cette humilité, non pas que j’en sois venu à avoir besoin de gloire, c’est pourquoi je ne la cherche pas, mais je la fais remonter à celui qui m’a envoyé, et quand j’aurai accompli l’Économie, j’aurai part aussi à la gloire avec lui.

Car je me glorifie en lui comme fils ; on sait donc d’abord que comme il en est ainsi pour moi, je suis élevé au-dessus de cette loi qui vous a été donnée par moi.

Comment donc me reprochez-vous de la transgresser, alors que vous exaltez partout Moïse, et comment vous laissez-vous passer comme défenseur de la loi, alors que vous n’en accomplissez pas les commandements ? Eh bien ! je vais vous montrer clairement que, dans ce qui vous semble une transgression, moi, j’accomplis la loi.

En effet, si, de toute manière, vous décrétez que, quoiqu’on fasse le jour du sabbat, c’est une violation de la loi, comment, alors que Dieu ordonnait à ces Pères de la maison d’Abraham : le huitième jour il faut circoncire tout mâle (cf. Gn 17,12) : si le huitième jour vient à tomber un sabbat, l’homme est pourtant circoncis, alors que précisément il faudrait que vous abolissiez cela et que vous ne circoncisiez pas, puisque le sabbat est honoré par toute affaire cessante (Lv 23, 7.21.25) ? Mais on sait bien que le sabbat s’oppose, non pas à ce qui regarde le culte spirituel relatif au salut de l’âme, mais à ce qui a rapport au corps, c’est-à-dire à l’assouvissement charnel des passions et à une entreprise matérielle de ce monde, à la façon d’un métier manuel et que la loi appelle œuvre servile, en disant : Ne faites aucun travail (cf. Ex 20, 10 ; Dt 5, 14).

En éclairant ce (point) par un autre passage, elle dit : Ne faites aucun travail, mais, tout ce qui se fait pour tout être vivant, que cela seulement soit fait par vous. C’est pourquoi pour la brebis ou le bœuf qui était tombée dans un trou (cf. Mt 12, 16), il était permis le (jour du) sabbat de les relever ; de la même façon aussi, la circoncision, ayant en vue le profit spirituel de l’âme, était pratiquée le jour du sabbat et à très juste titre. Car, (pour) celui qui est circoncis, l’homme de la volupté et du sommeil, qui est détruit, il le rejette loin de lui, en rejetant le prépuce, qui est pour lui le type du saint baptême : par lui, lorsque nous dépouillons le vieil homme, nous revêtons l’homme spirituel et nouveau, en revêtant le Christ (cf. Ep 4, 24 ; Ga 3, 27 ; Col 3, 10).

C’est ce que dit aussi Paul quand il écrivait aux Colossiens : C’est en Lui que vous avez été circoncis, d’une circoncision qui n’est pas faite de mains (d’homme), par le dépouillement du corps charnel des péchés, de par la circoncision du Christ, étant ensevelis arec lui en même temps lors du baptême (Col 2, 11-12). Vois avec quelle sagesse Notre Seigneur parla aux Juifs : Si l’homme pratique la circoncision le (jour du) sabbat, de telle sorte qu’il ne viole pas la loi de Moïse, vous vous insurgez contre moi, parce que j’ai rendu la santé totale à un homme le (jour du) sabbat (Jn 17, 23) ; et, alors que la circoncision semblait davantage violer la loi, parce qu’elle coupait et abolissait le sabbat, pour lui, alors qu’il vous dit que vous jugez selon la chair, vous dites qu’il semble y avoir là destruction de la loi, alors que c’est plutôt une résurrection, puisqu’elle est accomplie spirituellement.

Mais c’est encore un autre sens plus profond qui est considéré par là : car c’est par cette circoncision qui fut d’abord le type du baptême et qui fut accomplie le huitième jour, c’est-à-dire précisément le premier (jour) de la semaine, que le sabbat a bien été éteint et purifié par son abolition. De même qu’en effet l’ombre ne va pas purifier la réalité, puisque précisément c’est celle-ci qui l’accomplit, de même l’évangile fait reposer la loi.

Notre Sauveur dit ces paroles et de semblables et des pensées divines, alors que les Juifs voulaient le tuer et respiraient une colère sauvage : ils cherchaient à se saisir de lui, mais personne ne dit : Jette la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue (Cf Jn 7, 30) ; mais cela fut dit, non pas à la façon des délires et des folies des sages de ce monde, comme un sort et un décret fatal d’une certaine heure jugée telle par celui qu’ils appelaient un augure, parce qu’il approchait de cette souffrance par la force (des choses), mais – il faut bien être instruit par l’adversaire – alors que les Juifs avaient bien des fois voulu le prendre contre son gré, ils ne l’avaient pas pris, mais ce fut quand il le voulut et à l’heure qu’il approuva et quand il pensa que c’était la bonne heure pour lui de souffrir ; car, toutes (les heures), depuis le début, il les disposa et les prépara en leur temps convenable ; de même qu’il fallait que fût donnée la loi, mais au temps convenable, de la même manière, les prophètes et l’évangile aussi.

Donc, par ce nom d’heure, est signifiée la diligence de la sollicitude et de la sagesse de notre Sauveur, telle qu’aucune portion de ce temps n’est interchangeable, et que même le plus petit instant du temps, en dehors de son temps, ne puisse aucunement arriver ou s’égarer, mais il les dirige tous selon l’ordre et la convenance. Sinon, comment ne serait-ce pas une folie sans nom, de dire qu’à la fatalité de l’heure aurait été assujetti le créateur des mondes et des temps, alors que même pour nous cela ne doit pas être pensable ?

Donc, à Cana de Galilée, au moment où le vin manqua pour ceux qui buvaient à la noce, alors que sa mère le priait de montrer un miracle digne de Dieu, il s’écrit : Qu’y a-t-il à moi et à toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue (Jn 2, 4) et aussitôt il changea l’eau en vin. Or, s’il avait dit : l’heure n’est pas proche, comme quelqu’un qui était assujetti de force à la nécessité des heures, il n’aurait pas pu en même temps aussitôt opérer un signe. Mais il a accompli le miracle comme quelqu’un qui en a le pouvoir et qui est Dieu ; et d’autre part, sa mère, qui avait des sentiments humains et qui l’avait poussé (à agir) par ostentation, il l’a redressée par les paroles qu’il lui a dites et lui a appris que ce n’était pas par ostentation, mais à leurs heures et à leurs instants, qu’il devait faire de tels miracles : alors qu’il avait honte de l’incrédulité des Juifs, et qu’il les conduisait et les dirigeait pour se faire connaître.

Mais il a accompli cependant ce qui lui avait été demandé, en rendant honneur à sa mère, en bénissant le festin de façon plus complète, en enseignant en même temps à répondre et à obéir aux mères et en estimant le mariage honorable et le lit pur ; qu’ils écoutent donc, ceux-là qui méprisent leurs mères, que le Christ alors qu’il était Dieu et créateur, fut vénéré par sa mère, même lorsque elle faisait une demande intempestive, et qu’il lui répondit, lui obéit et se laissa persuader, puisqu’il a établi pour nous des lois pour être honoré de par la (loi) naturelle !

Mais, pour en revenir à la question qui a été posée au début, je m’étonne de l’aveuglement des Juifs : comment, alors qu’ils condamnaient ces paroles de notre Sauveur (qui étaient) divines et au-dessus de l’homme, alors que par elles il leur aurait fallu reconnaître qu’il était le Christ, celui qui avait été annoncé à l’avance par la loi et les prophètes, ils étaient hésitants. Tantôt ils disaient : Celui-là, nous servons d’où il est, mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est (Jn 7, 27) ; tantôt réfléchissant à nouveau, ils disaient : n’y a-t-il pas une Écriture qui dise que c’est de la race de David et du village de Bethléem où était David, que le Christ vient ?

Mais il est beau que, au sujet de l’une de ces questions douteuses, on tranche à la manière évangélique et que l’on dise : Juif aveugle, mets ensemble ces deux (questions) douteuses, et au milieu d’entre les deux, tu verras clairement le Christ, que tu touches, que tu tiens entre tes mains, sans le reconnaître. Car, conformément à ton hésitation, lui-même te dit : Personne ne sait d’où vient le Christ : il est d’en haut, et c’est du Père qu’il tient sa génération que ne peuvent comprendre ni connaître les hommes ; d’autre part il est venu, clans la chair, de David et de Bethléem : vois comment le prophète Michée a exprimé les deux choses ensemble : Et toi, Bethléem, maison d’ Ephrata, tu es petite pour être parmi les clans de Juda ; de toi sortira pour moi celui qui sera chef sur Israël, et ses origines aux premiers temps depuis les jours éternels (Mi 5, 2).

Le prophète Isaïe aussi, lorsqu’il dit qu’il a fleuri de la Vierge Mère de Dieu dit à son tour : Sa génération, qui la racontera (Is 53, 8 ; 8, 33) ? Car c’est aussi le même, qu’on ne peut compter parmi les générations, puisqu’il est Dieu, et dont on a écrit aussi la génération charnelle. Mais les Juifs, alors qu’ils irritaient Dieu à partir de cette Écriture, qu’il leur aurait fallu reconnaître, mettaient le comble à l’ignorance et aux ténèbres, en invoquant partiellement les prophéties, comme c’est aussi la coutume chez les hérétiques, qui, à la manière juive, découpent les paroles inspirées de Dieu, et tressent les fils de dogmes pervers, deux choses que David a maudites prophétiquement en disant : Que leur table soit un filet devant eux, et que pour la rétribution et le scandale leurs yeux s’enténèbrent pour ne plus voir ! (Ps 68, 23). Que les paroles de Dieu soient une table et une nourriture raisonnable, le livre divin le suggère en disant : Moïse vint et convoqua les anciens du peuple et exposa devant eux toutes ces paroles que Dieu avait prescrites (Ex 19, 7).

Matthieu aussi parle de même en répétant les enseignements de notre Sauveur : Il mit une autre parabole devant eux (cf. Mt 13, 13), mais la parole qu’il mit devant eux est semblable et témoigne qu’elle comporte une table, et que c’est une nourriture qui peut nourrir l’âme. Prions-le, pour que nous y ayons part avec pureté et perfection, que nous en recueillions les fruits et que nous soyons illuminés de sa lumière, par la grâce et la charité du grand Dieu et notre Sauveur Jésus Christ, avec lequel au Père et au Saint Esprit sied la gloire pour les siècles des siècles. Amen !

 

Fin de l’homélie 46

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