Sur les Lumières (L’Épiphanie).
C’est la deuxième.
En célébrant la fête des lumières, nous allons manifester en paroles la clarté que cette fête a fait resplendir dans nos esprits, de telle sorte que par elle nous ressemblions au rayonnement de la lumière. Car, de même que la caractéristique d’un rayonnement est qu’il étende sur beaucoup son illumination propre, qu’il échauffe chacun d’une manière égale et qu’il illumine d’une semblable dignité les visages de ceux qui le regardent, ainsi le propre de la parole est qu’elle produise chez beau- coup cette science et cette illumination divine qui embrase et qui éclaire.
Qui, en effet, voyant Jésus debout au milieu des flots du Jourdain, entendant la voix venant comme de la personne du Père et disant : Tu es mon fils, le bien-aimé (Lc 3, 22), et voyant l’Esprit Saint descendre avec une apparence corporelle comme une colombe et demeurer sur lui, ne se souviendra des paroles du prophète et ne dira ce que le divin David a crié, par anticipation, au Dieu et Père de tous, quand il s’exclama : Dans ta lumière nous verrons la lumière (Ps 35, 10) ?
Car si le Fils est la lumière du Père, étant la splendeur de sa gloire et l’image de sa substance (He 1, 3) et que dans sa lumière même nous voyons une autre lumière, l’Esprit Saint, n’est-il pas évident que la triple lumière qui brille avec le même éclat montre sans confusion les images de leurs trois hypostases et leur unique divinité ?
C’est pourquoi nous nommons cette fête « Les Lumières », parce que par elle nous comprenons plus clairement, comme par trois lumières, l’unique identité d’essence, dans les trois propriétés du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ce Toi, tu es mon Fils introduit en effet la participation de nature et d’être, que le Père possède par rapport au Fils. Il ne dit pas en effet : « Tu es devenu » mais « Tu es mon fils ». Ce « Tu es » déclare en même temps son existence et son essence. C’est ainsi aussi qu’en parlant à Moïse, il dit Je suis celui qui est (Ex 3, 14). C’est aussi ce à quoi se référait le prophète, quand dans son chant il dit : Celui qui existe avant les siècles (Ps 54, 20).
Que ceux-là remplissent donc de confusion ceux qu’on appelle ces fous d’Ariens, qui, à partir du fait qu’il est Fils — éternellement et infiniment existant de la même manière que le Père —, disent qu’il n’est qu’une créature et une fabrication ! Qu’ils confondent aussi les héritiers de la démence de Nestorius, qui voient Jésus, en tant que véritable Fils du vrai Dieu, d’une manière indivisible et inséparable, entendre : Tu es mon Fils, et qui le divisent, ce Fils unique, par un dyophysisme qui aurait suivi l’union !
Ce « Tu », en effet, était dirigé, logiquement, vers celui-là qui était visible. Car si celui qui était visible, était, selon leur démence, divisé de celui qui était intelligible, c’est-à-dire la nature humaine, de celle qui est divine, par duplication, s’il n’est pas un, fait de deux sans confusion, à savoir de la divinité et de l’humanité, c’est-à-dire une seule hypostase de Dieu le Verbe incarné, il n’aurait pas dit : « Tu es », mais « Celui qui est en toi est mon Fils ». Car si l’humanité était séparée par nature de la divinité, la conséquence aurait été qu’elle aussi aurait eu besoin de l’adoption filiale comme nous. Mais, pour nous, ne nous convient-il pas précisément d’entendre de Dieu, non pas : « Tu es mon fils », mais : « Tu es devenu mon fils ? Car, ce qu’il est par nature, nous le serons par grâce.
Mais cela me montre aussi l’égalité d’honneur de l’Esprit et la même divinité. Ce qu’en effet Jean Baptiste a montré, quand il dit : Mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-ci m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’. Et moi j’ai vu et j’ai témoigné que celui-là est le Fils de Dieu (Jn 1, 33-34). L’Esprit en effet est descendu sur lui selon l’Économie, en tant qu’il est vraiment homme, mais il est demeuré en tant que Dieu, en Dieu, ne s’étant pas plus éloigné de lui qu’auparavant, car il est en lui inséparablement.
C’est selon notre intelligence et conformément à l’abaissement de l’Économie que la parole évangélique est ainsi proposée. Car, étant descendu avec une apparence corporelle (cf Lc 3, 22) comme une colombe, il ne demeura pas toujours ainsi de cette manière sur lui ; mais, comme le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils, ainsi aussi l’Esprit est dans le Fils et le Fils dans l’Esprit. Mais apprends une théologie beaucoup plus exacte à partir des paroles du Baptiste, car il dit : J’ai vu et j’ai témoigné que celui-là est le Fils de Dieu. « Parce que, dit-il, j’ai vu que l’Esprit demeurait divinement dans le Fils, j’ai compris que, unique pour le Père et le Fils, est l’essence et la divinité. Et j’ai témoigné que celui-là est le Fils de Dieu, celui qui baptise dans l’Esprit Saint ». Il ne pourrait pas en faire don, si l’Esprit Saint ne lui appartenait pas et s’il n’avait pas également la même essence que lui. Ce que quelqu’un a reçu comme cadeau, il ne peut en faire don aux autres, comme de sa propre personne. Or lui souffla sur ses disciples en disant : Recevez l’Esprit Saint (Jn 20, 22). C’est pourquoi aussi Paul en écrivant aux Romains dit : Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, celui-ci ne lui appartient pas (Rm 8, 9).
Toutes ces choses relèvent de la théologie. Portons-nous donc aussi vers le bon plaisir qu’(il a) envers nous. Car les mêmes mots déclarent en même temps la suprême excellence de la théologie et la charité de l’abaissement : Tu es mon Fils bien-aimé. Cette expression, le Père l’a appliquée au chef de notre race, au Verbe incarné, au second Adam comme une semence divine, d’où surgit le don de l’adoption filiale, cette (semence) aussi de qui Jean, en écrivant aux fidèles, disait : Celui qui est né de Dieu ne commet pas de péché, car sa semence demeure en lui, et il ne peut pécher, car il est né de Dieu (1 Jn 3, 9).
C’est donc nous qu’il a appelés fils en Jésus, ceux qui étaient des ennemis, des adversaires, des rebelles, et qui nous sommes conduits, comme ne le feraient même pas des esclaves (cf Lc 15, 19), mais qui marchions volontairement vers la tyrannie du Calomniateur et des diables. Or il ne nous a pas simplement nommés fils, mais aussi bien-aimés, nous qui ne méritions que la haine et le détournement complet de son visage ; ceux qui avaient corrompu et rendu méprisable l’image de celui qui les avait créés ; ceux qui n’étaient qu’impurs et détestables ; ceux qui étaient souillés par cette souillure difficile à laver, le péché ; et qui étaient tombés dans la pire des laideurs ; si quelqu’un les avait regardés, ils auraient été pour lui une abomination : or ce sont ceux-là qu’il a aimés. Et, chose étonnante, ce n’est pas comme quelqu’un qui a pitié, mais comme quelqu’un qui se complaît, et comme quelqu’un qui, à cause d’une action plus belle et plus aimable, est totalement satisfait.
Et parce que cela lui plaisait, aussitôt, en l’objet de sa complaisance, il a changé et transformé celui qui était rempli de passions, en le lavant dans les eaux, en le revêtant du vêtement de l’incorruptibilité, en l’ornant de l’Esprit, en l’oignant avec le myron et en déposant sur lui le parfum spirituel, afin que, selon la parole de Paul : Soyons saints et sans tache (Ep 1, 4), il n’existe en eux ni tache, ni ride, ni rien de pareil à toutes ces choses qui détruisent cette beauté véritable.
Ayons ceci en vue : Le Verbe, Fils unique de Dieu, voulait participer à notre existence et être appelé Fils de l’homme, afin que nous soyons nommés fils de Dieu, et qu’il remplisse la promesse faite aux pères et à la descendance d’Abraham, à savoir : Il bénira toutes les nations (cf Gn 22, 18) et que par sa descente il nous équipe pour l’ascension impraticable et inaccessible qui conduit au ciel, celle que le prophète Amos aussi prédisait divinement et très clairement en disant : Celui qui a construit sa montée vers le ciel et qui a établi sa promesse sur la terre (Am 9, 6).
Mais, cette même chose, Matthieu et Luc l’ont indiquée clairement quand ils étaient sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Car, quand Matthieu a voulu faire le récit de la naissance selon la chair de notre Sauveur, c’est par Abraham qu’il a commencé la généalogie, et par David il est descendu jusqu’à Jésus (cf Mt 1, 1-16) ; tandis que Luc dit qu’il vint au Jourdain, ayant trente ans achevés en sa taille corporelle, lui qui est sans Âge ni temps en tant que Dieu, et il reçut le baptême à notre place et c’est ensuite qu’il a placé la généalogie, parlant ainsi : Et Jésus avait, lors de ses débuts, environ trente ans et était, croyait-on, fils de Joseph, fils d’Héli, fils de Matthat (Lc 3, 23-24). Et il procédait ainsi par ordre, des plus récents jusqu’aux pères d’autrefois, en disant finalement : Fils de Seth, fils d’ Adam, fils de Dieu (Lc 3, 38).
Il est évident que ces deux généalogies montrent : et notre origine selon la chair — celle qui (part) de ceux qui sont antérieurs, en nous faisant descendre vers ceux qui sont récents —; et, à cause de la charité qui est propre au Verbe de Dieu, la naissance spirituelle, qu’il nous a donnée en échange par le baptême à sa place — celle qui fait passer et remonter, de ceux qui sont récents, vers ceux qui sont antérieurs et qui fait, des fils d’Adam, des fils de Dieu.
Telles sont les portes du ciel que le Christ a ouvertes, celles qui avaient été fermées par Adam, d’où plus rien d’en haut ne descendait jusqu’à nous ; mais la barrière du péché faisait barrage et nous séparait de la familiarité avec Dieu, comme il le dit aussi par le prophète : Vos péchés ne sont-ils pas une séparation entre mot et vous (Is 59, 2) ?
Mais maintenant, c’est comme si la grande porte était ouverte, et qu’aussitôt le ciel était visible et déployé, et qu’en bloc le torrent de tous les biens était descendu vers nous : la parole du Père, l’appel du Fils, la descente de l’Esprit. Telles sont les choses que Jésus attirait sur lui-même, en nous les envoyant, lui la plénitude, à nous les indigents. Car, comment n’est-il pas la plénitude, lui dont nous avons vu la gloire, gloire, comme du fils unique du Père, plein de grâce et de vérité (Jn 1, 14) ?
Mais, pourquoi ne devait-il pas ménager un tel début à notre race, lui, le chef, qui est le médiateur entre Dieu et les hommes, à cause de sa charité ? Et pour cette raison il se tenait debout au milieu des flots du fleuve, afin que, ceux qui penchaient vers une vie terrestre et étaient amenés vers les abîmes du péché, il les fit remonter par l’eau et les envoyât en haut vers les hauteurs par l’Esprit, une fois mis en possession de la légèreté et de l’élévation qui vient d’en haut, par le passage au feu d’ici-bas, c’est-à-dire par l’épreuve du feu (cf Ps 65, 10-12).
Mais pourquoi vient-il au baptême à l’âge de trente ans ? Afin de montrer que la nouvelle naissance spirituelle fait renaître des hommes devenus adultes quant à l’âge spirituel. Car, c’est ainsi que le premier homme avait été formé adulte et avait été placé, au Paradis, tout de suite comme adulte, avait reçu commandements et lois et avait été chargé de la culture et de la surveillance du Paradis ; — car l’enfance et la croissance correspondant aux âges, après l’expulsion du Paradis, ont suivi l’union conjugale et la vie qui vient par génération et corruption —; ainsi donc, ce qui fut de la première formation ressemble à ce qui est de la réformation nouvelle ; ou plutôt c’est encore meilleur et plus sublime.
Mais en même temps, par la triple perfection qui se trouve dans les trois dizaines des trente ans, il montrait que sur le Jourdain est révélé le mystère parfait de la Trinité, de la Divinité unique qui est connue dans les trois hypostases parfaites ; ce par quoi aussi doit être accompli le baptême dans le Père et dans le Fils et dans le Saint Esprit.
Mais tandis que je profère ces choses publiquement, je suis stupéfait, moi qui rejoins la grandeur de cet abaissement sans limite. Car, celui qui, au temps de Jésus, fils de Nun, était porté dans l’arche de façon typique, et qui était préfiguré par le coffret d’or qui contenait la manne et par le bâton d’Aaron qui fleurit après être devenu sec (cf He 9, 4) : et qui coupa et retint le fleuve du Jourdain, et qui fit traverser comme sur la terre sèche les douze tribus d’Israël, à tel point que les eaux eurent peur en quelque sorte et tremblèrent (cf Ps 76, 17 ; 113, 3. 5), et, pour cela, se figèrent et se dressèrent, alors qu’elles descendaient d’amont, en une masse rejetée à grande distance, comme le dit le livre sacré (Jos 3, 15 ss) ; maintenant, celui-là s’étant incarné et étant devenu visible en vérité et non plus par figure et par signes, il a plongé la tête dans le torrent des eaux et s’est tenu sous (les eaux), afin de nous faire remonter ensemble avec lui, nous qui étions plongés dans l’abîme du péché.
Telle est la signification de ce fait que Jean, tout tremblant, retira la main de la tête de l’Emmanuel, cette tête, oui, qui, maintenant, d’une manière spirituelle, a fait revenir les eaux en arrière : en retenant le courant et le torrent des plaisirs impurs, et ces vagues du péché, qui s’étaient gonflées et s’étaient dressées, il les a, par la vie évangélique, dissipées en écume.
Mais quand il criait : Ce dont j’ai besoin, moi, c’est d’être baptisé par toi : et toi, tu viens à moi (Mt 3, 14-15) ? et qu’il pensait qu’on ne peut s’approcher de la divinité de Jésus, lui, le guide sage de notre salut, refusa : Laisse maintenant. « Ne cours pas, dit-il, en devançant les limites de l’Économie, ô messager précurseur ; car je parcours maintenant les conditions de l’abaissement volontaire, dit-il ; et j’en viens à être compté avec ceux qui sont baptisés par toi, alors que je vais inaugurer un autre baptême, celui qui est plus parfait. Quant à ce que tu disais : J’ai besoin, tu dis vrai. Donc, de même que c’était pour nous et non pour lui qu’il recevait ce baptême, lui, qui, à cause de nous, prit sur lui toutes ces choses pour les souffrir ; ainsi, pour nous, il fut tenté, alors qu’il n’avait aucun besoin de tentation, lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche de qui aucune ruse n’a été trouvée (1 P 2, 22 ; cf Is 53, 9).
Mais, d’autre part, redressant la faiblesse de notre nature et de la race humaine, il rencontre le Calomniateur et il nous ouvre le stade pour le combat contre lui. Ainsi quand il s’approche de lui et qu’il est renversé et qu’il est dépouillé de la force qui militait contre nous et que déjà il commence à être paralysé, il devient alors facile à soumettre pour ceux qui luttent contre lui. Donc, de même, ce fait que lui a été tenté volontairement devient pour nous une aide, à nous qui sommes faibles ; c’est ce que dit Paul en écrivant aux Hébreux : Car du fait même qu’il a lui-même souffert en étant tenté, il est capable d’aider ceux qui sont tentés (He 2, 18). Car, par ce fait qu’il a été tenté, il a montré son pouvoir.
Et cette tentation de la faim, comme aussi les autres, toutes celles contre lesquelles il n’y a aucune accusation de péché, il les a prises volontairement sur lui ; ayant accepté pour un temps les limites de la nature, celles qui surviennent par ce qui leur est propre, et il n’était pas porté vers ces choses par une quelconque nécessité ; car c’est comme en modèle et pour notre instruction que de telles choses ont eu lieu ; ceci est clair par ce qui a été dit plus haut, car il est écrit : Il était conduit au désert par l’Esprit (Lc 4, 1).
Est-ce donc involontairement qu’il a été conduit et transporté, alors que nous-mêmes cependant nous ne le souffrons pas, puisque nous marchons vers ce qu’il faut exécuter par l’exercice de notre libre arbitre ? Mais ce que je viens de dire a été présenté jadis pour notre instruction et en vue d’un préambule d’avertissement, alors que nous avons été jugés dignes du baptême divin : ne nous conduisons plus nous-mêmes, mais donnons-nous des lois spirituelles et soyons dirigés par elles, en vivant une certaine vie spirituelle et en nous fortifiant contre les assauts du Calomniateur, parmi lesquels se trouvent les couronnes et le royaume du ciel et la fête avec les anges et la vie qui est égale à leur régime de vie.
Ce banquet et cette table spirituelle, il les a dressés pour nous aujourd’hui, celui qui nourrit nos âmes, le Dieu qui s’est manifesté au monde, qui habite une lumière inaccessible (1 Tm 6, 16) et qui a rayonné sur la vie humaine, quand celle-ci était près de son couchant. Alors par quelles rétributions rétribuerons-nous le donateur de tels biens ? Que le Baptiste, encore une fois, coure en avant et dise : Celui qui a deux tuniques, qu’il en donne à celui qui n’en a pas : et celui qui a de la nourriture, qu’il fasse de même (Lc 3, 11) !
Pourquoi donc nous, en cette fête, alors que nous voyons notre table déborder de mets variés, ne partageons-nous pas avec ceux qui ont besoin de ce superflu, alors que nous les destinons tous à un ventre qui ne peut être rassasié ? (Pourquoi), alors que nous nous pavanons dans des habits riches et très coûteux, faits surtout pour la beauté et non pour l’utilité, ne protégeons-nous pas un frère du froid qui le pénètre ? Et comment ne mentons-nous pas, en disant : « Nous célébrons la manifestation de la lumière divine », si nous ne faisons pas nous-mêmes une œuvre de lumière ; mais, même ceux qui sont près de nous, nous les rejetons et nous les saisissons, et, ceux qui ne l’ont mérité en rien, nous les conduisons en prison et nous les couvrons d’insultes, de mépris et d’opprobre, eux qui ont été façonnés de la même boue et enrichis du même Esprit de la nouvelle création.
En effet, de même que si quelqu’un, quand le soleil illumine avec pureté toute la terre, ferme sa maison, en sorte que nulle part il ne laisse entrer la lumière et qu’il mette sans lumière et en pleines ténèbres ce qui est à l’intérieur, de même aussi, celui qui s’entoure d’œuvres mauvaises et qui empêche toute entrée à la lumière divine, est encore une âme misérable et angoissée, assise dans les ténèbres et à l’ombre de la mort (Lc 1, 79), qui ne perçoit rien des splendeurs du soleil de justice (Ml 3, 20) ; comment celui qui n’a pas expérimenté cela, obéira-t-il à Paul qui l’avertit, en disant : Jadis, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? Conduisez-vous donc en enfants de lumière ! Or le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité, en discernant ce qui plaît au Seigneur ; et ne prenez aucune part aux œuvres des ténèbres qui sont sans fruits ; réprouvez-les plutôt (Ep 5, 8-11) !
Car, en faisant ces choses nous-mêmes, nous serons faits participants de la gloire d’ici-bas et aussi de celle de la Théophanie à venir ; puissions-nous en être dignes, par la grâce et la charité du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, à qui avec le Père et le Saint Esprit appartient toute gloire, honneur et puissance, maintenant et toujours, et pour le siècle des siècles ! Amen !