Sur la rencontre de notre Sauveur, c’est-à-dire sur la fête des Hosannas
et sur la (parole) : II est béni (Mt 21, 9.
(Prononcée le dimanche des Rameaux, 31 mars 513)
Alors que notre Seigneur et notre Dieu Jésus-Christ était sur le point de se rendre volontairement à la croix salutaire, d’en accomplir toute l’Économie, de recevoir pour nous tout mépris et (toute) ignominie et de s’humilier lui-même jusqu’à la mort, comme s’il se tenait debout au seuil de toute cette (entreprise), il montra sa force invincible, soutenant la faiblesse de notre esprit, afin que, du fait de ses souffrances volontaires, nous ne nous laissions pas glisser à des jugements incontrôlés.
Aussi, en vérité, après être descendu à Béthanie, il ressuscita Lazare, qui avait déjà quatre jours depuis sa mise au tombeau, brisant à l’avance l’empire de la mort qu’il devait tuer complètement en descendant lui-même dans le shéol et en délivrant les âmes qui y étaient enfermées (cf. He 2, 14 ; 1 P 3, 19). C’est pourquoi, comme celui qui par un simple commandement allait le faire lever comme d’un sommeil, il disait : Lazare, notre ami, dort, mais je vais pour le réveiller (Jn 11, 11)
Alors donc que des enfants et la foule qui (était) avec eux louaient ce prélude du combat victorieux sur la mort — car c’est cela en particulier que l’évangéliste Jean a indiqué (cf. Jn 12, 17-18) — ils allèrent à sa rencontre dans la direction du lieu d’où il descendait, le mont des Oliviers, près des portes de Jérusalem.
Vois alors comment, quand Jésus connut à l’avance ce qui allait arriver et apprit qu’ils allaient venir à sa rencontre, il fit en sorte que son entrée fût digne de Dieu et en quelque sorte symbolique, puisque par elle il nous préfigurait également sa seconde venue pleine de gloire, sans oublier pour autant le peu de cas qu’il en avait fait pendant toute sa première venue et pendant tout le temps de l’inhumanation, alors que par des étapes successives il révélait sa divinité conformément à l’Économie.
En effet il ordonnait à ses disciples de lui amener un ânon, non soumis au joug, et sur lequel aucun homme ne s’était assis ; après s’être assis dessus, il était prêt pour se mettre en route. Or cet ânon préfigurait le peuple croyant des nations ; l’âne, en effet, est impur et ne peut pas être mangé, selon la loi de Moïse, et il ne peut pas être offert en sacrifice en tant que souillé et abominable : son sabot n’est pas fendu, et, à l’inverse du bœuf et de la brebis, il ne rumine pas (cf. Lv 11, 3 ; Dt 14, 3-6).
Or notre Seigneur le Christ, d’une part, a détourné sa face du peuple indocile des Juifs, et cela, alors qu’il était pur et que son sabot (était) fendu — car il avait appris d’après la Loi à séparer et à distinguer ce qui (est) bien d’avec ce qui (est) mal — et alors qu’il ruminait aussi — car il mangeait et remâchait les commandements de Moïse — ; d’autre part, il s’est choisi le peuple des nations, qui n’avait (pas) été instruit par la Loi donnée par Dieu, (n’)avait (pas) appris la distinction du bien et du mal, n’était pas soumis au joug, s’était livré aux passions ignominieuses et était devenu réfractaire aux liens, et sur lequel aucun homme ne s’était assis — car il n’y avait eu pour lui ni juge établi par Dieu, ni prophète, ni docteur. — Donc, ce peuple des nations, qui est impur comme l’âne, c’est celui-là qu’il ordonnait à ses disciples de détacher des liens de l’ignorance et du culte des démons.
Les trois évangélistes, d’une part, ont mentionné que l’ânon seul était attaché ; Matthieu (Mt 21, 2 ; Mc 11, 2 ; Lc 19, 30 ; Jn 12, 14), d’autre part, a raconté que la mère qui avait donné naissance à l’ânon était également attachée, en sorte donc qu’en vérité l’ânon lui-même était attaché par un double lien, par l’un, celui de la corde, (et) par l’autre, celui de la nature ; car il accompagnait sa mère, étant attaché par l’amour qu’(il avait) pour elle. Et, de son côté, cette figure aussi nous montre à l’avance une grande lueur de vérité ; car elle indique, au sujet du peuple des nations, que c’est contre nature, d’une part, qu’il a été attaché par les liens du péché et de l’athéisme, c’est-à-dire du polythéisme, (et) que c’est comme selon la nature, d’autre part, qu’il était attaché par une longue habitude et qu’il ne pouvait plus désormais couper ce lien qu’on ne peut trancher et qui (était) comme sa nature même.
Les disciples du Christ détachèrent donc cet (ânon) en toute facilité ; et ils l’amenèrent à leur Maître, après avoir mis d’abord sur lui leurs vêtements. Et, lorsque Jésus vit que cela avait été fait, lui qui (est) vraiment le Dieu des grands mystères, il l’enfourcha, et s’assit sur lui. On peut encore admirer en effet, par la signification manifeste des expressions, qu’il nous montre bien clairement la vérité même. Car, dès que les croyants des nations se sont revêtus des vertus apostoliques ainsi que de vêtements, comme cet âne, en sorte que parmi eux se lèvent des docteurs de la piété et même des martyrs, alors, la grâce de Jésus, ou plutôt Jésus lui-même, s’est assis sur eux, a habité (en eux) et s’est reposé (sur eux), de même qu’il est également écrit qu’il est assis sur les Chérubins (Ps 79, 2 ; 98, 1 ; Is 37, 16 ; Dn 3, 55) parce qu’il se repose sur ces saintes armées elles-mêmes ; car il est saint, ainsi que dit le prophète Isaïe, et il se repose sur les saints (Is 52, 15).
C’est encore une prophétie, celle de Zacharie, de même que le livre de Matthieu aussi, qui fait connaître que l’ânon était uni à l’âne ; car elle s’exprime ainsi : Réjouis-toi bien, fille de Sion, proclame, fille de Jérusalem ; voici que ton roi vient à toi, juste et sauveur ; lui-même (il est) humble et (il est) monté sur un âne et sur un ânon nouvellement (né) (Za 9, 9). Or qui donc, en entendant roi juste, ne comprend pas aussitôt le Christ, que préfigurait également le nom de Melchisédech, dont la traduction évoque roi de justice (Gn 14, 18) ? Or le prophète lui-même n’a pas dit seulement : Roi juste, mais (il a ajouté) : Et sauveur, afin d’indiquer en outre par là le nom de Jésus, lequel, lorsqu’il est traduit, est salut de Dieu et guérison ; et il a ajouté ensuite : Lui-même (est) humble et (il est) monté sur un âne et sur un ânon nouvellement (né) (Za 9, 9), afin de montrer à l’avance celui qui s’est écrié dans les Évangiles : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (Mt 11, 29). Or jamais aucun roi, tout à la fois juste, sauveur, doux et assis sur un âne, n’est venu à Jérusalem, si ce n’est celui qui seul est roi des rois et Dieu et Sauveur, Jésus, ce bienveillant, doux et abondant en miséricorde pour tous ceux qui l’invoquent (Ps 85, 5), ainsi qu’il est écrit.
Alors donc qu’il était assis sur l’ânon, qui préfigurait le peuple croyant des nations, une foule nombreuse l’accompagnait, portant des feuilles de palmiers ; et ne se contentant pas seulement de cela, ils étendaient encore sur le chemin, des branches d’olivier et des vêtements. Mais ces choses n’auraient pas pu avoir lieu, si elles n’étaient pas indicatrices de grands mystères.
En effet, d’une part, le (fait) que l’âne marche sur des branches et sur des feuilles de palmiers faisait manifestement connaître que non seulement celui qui était monté dessus, mais encore ceux qui devaient croire en lui, allaient asservir tous leurs ennemis, (les) mettre sous leurs pieds et remporter une victoire glorieuse ; car les branches et les feuilles de palmiers sont l’emblème de la victoire. D’autre part, le (fait) que les gens, quittant leurs manteaux, les jetaient à terre, proclamait d’une façon pour ainsi dire immédiate et manifeste, ce qui apparut par la suite dans la réalité même.
En effet, lorsque ces croyants se défaisaient de tout ce qu’ils possédaient et même de leur habit, ce qui est une désignation abrégée, ils suivaient l’Évangile de la grâce. Car il est écrit dans le Livre des Actes que tous ceux qui étaient possesseurs de terres et de maisons, lorsqu’ils les vendaient, apportaient les prix de ce qui était vendu et (les) déposaient aux pieds des apôtres, et on donnait à chacun selon ses besoins.
Sinon, si ce n’avait pas été là les choses mystérieusement préfigurées par ce qui s’accomplissait alors, les branches et les vêtements seraient devenus même un obstacle pour la marche de cet âne, en entravant ses pieds comme des filets.
Et la foule de ceux qui allaient devant lui et de ceux qui venaient après lui criait : Hosanna au fils de David. Et cela (à savoir : Hosanna au fils de David), en passant de la langue hébraïque à la langue grecque, est traduit : « Comme louange, ou psaume, au fils de David » ; en effet, dans la prononciation du mot, nous élidons un « sigma » sous « schana », de sorte que nous semblons dire : ̔Ως ἀννα. De son côté le (fait) d’être loué ou d’être honoré par un psaume, convient non pas à un homme, mais à celui qui seul (est) Dieu par nature, comme celui qui dit : II a mis dans ma bouche un chant nouveau, une louange à notre Dieu (Ps 39, 4), et : Je chanterai à mon Dieu, tant que je serai (Ps 103, 33b).
Et ceux qui criaient ajoutaient encore ceci : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les hauteurs (Mt 21, 9). Et certes il aurait fallu que ceux qui louaient disent selon l’habitude : « Tu es le bienvenu », comme celui qui est venu une première fois, ou ainsi que les anciens saluaient le prophète Samuel, en disant dès l’abord : Ton entrée (est-elle) la paix, voyant (1 S 16, 4) ?
De son côté, le (fait) qu’ils crient : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les hauteurs, et, ainsi qu’a ajouté Luc : Paix dans le ciel et gloire dans les hauteurs (Lc 19, 38), est le fait de ceux qui proclament sa seconde venue, par laquelle il va venir des cieux avec gloire, après qu’il joindra par la paix les choses terrestres aux choses célestes (cf. Col 1, 20) lorsque jugera également toute la terre avec justice Ps 97, 9), et qu’il fera entrer dans le royaume des cieux ceux qui ont bien vécu. C’est pourquoi, en effet, c’était aussi de tout-petits enfants qui le louaient et (qui) criaient cela, eux qui, lorsqu’il entrait, entrèrent également avec lui dans le temple, car lui-même dit : En vérité, je vous dis : Si vous ne changez pas et ne devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux (Mt 18, 3).
Considérez encore en quoi les branches étaient porteuses de victoire, par lesquelles ceux qui acclamaient honoraient celui qui était loué d’une manière digne de Dieu. Donc, d’une part, les évangélistes qui ont écrit que déjà, quand il s’approcha et (qu’)il fut près de la descente du mont des Oliviers, ceux qui (formaient) la foule commencèrent à l’accueillir, à marcher devant lui, à (le) louer et à couper des branches aux arbres, montrent manifestement que c’était des branches d’oliviers ; car elles étaient nécessairement telles que (les) fournissait la montagne ainsi nommée (mont) des Oliviers.
Or la plante de l’olivier indique la réconciliation de Dieu et sa venue charitable chez nous, qu’il a réalisée non pas à cause de notre justice, laquelle n’existe même pas, mais à cause de sa miséricorde. De même, en effet, c’est une colombe tenant (et) portant dans son bec des feuilles d’olivier qui a fait connaître également la fin du déluge aux jours de Noé et l’arrêt de la colère par la miséricorde de paix qui (vient) d’en haut (cf. Gn 8, 11).
D’autre part, l’évangéliste Jean a ajouté, en plus des autres, encore ceci : Quand ils entendirent, dit-il, que Jésus venait à Jérusalem, ils prirent des branches de palmier et sortirent à sa rencontre (Jn 12, 13). O heureuse parole de Jean, plus élevée et (plus) sublime que tout ! Vraiment c’est le fils du tonnerre (Mc 3, 17) ; car il a fait tonner pour nous les dogmes de la théologie et il ne laisse rien de vide ni d’indifférent, même lorsqu’il fait seulement un récit.
Le palmier, en effet, montrait comme étant céleste celui qui (est) loué et qui vient d’en haut ; car lui-même, seul parmi les autres arbres, d’une part s’élève vers le ciel, et en sa partie supérieure fait pousser — et en abondance — des feuilles, en portant à sa cime des branches blanches, (et), d’autre part, en sa partie inférieure, en son milieu et jusqu’à son sommet, il est rude, il se porte tout droit vers le haut et il est rugueux, difficile à escalader et présente des pointes sur ses branches. De même également, celui qui est à la poursuite de la science du Christ trouvera un chemin difficile et raboteux, lorsqu’il s’avancera par le moyen des travaux de la perfection ; mais, quand il parviendra à sa hauteur, autant qu’il est possible aux hommes, il rencontrera la lumière très brillante de la théologie et la révélation de choses ineffables, comme les branches de palmier qui (sont) très blanches. C’est pourquoi l’épouse du Cantique des Cantiques, laquelle en vérité est l’Église de ceux qui ont cru dans le Christ, s’écriait : J’ai dit : Je monterai sur un palmier, j’occuperai ses hauteurs (Ct 7, 9).
Mais le (fait) que certains évangélistes ajoutent souvent ce qui n’est pas dit par les autres, n’a absolument rien de contradictoire ; mais cela révèle un récit plus exact ; car, si la contradiction détruit par des (affirmations) contraires ce qui a été dit par un autre, tel n’est pas ce qui est révélé avec exactitude.
Tels sont pour nous les mystères de cette présente fête, par lesquels l’Emmanuel s’est lui-même montré Dieu véritable après avoir ajouté encore ceci à ce qui a été déjà dit. En effet, après avoir chassé du temple les vendeurs et les acheteurs, il a montré que c’était là sa maison, en disant : Il est écrit : Ma maison sera appelée maison de prière (Mt 21, 13 ; Is 61, 7), en faisant connaître par les faits mêmes que toutes les choses que son Père possède sont à lui ( Cf Jn 16, 15 ; 17, 10) et que le Dieu du nouveau et de l’ancien testament est unique. Et il guérit les aveugles et les boiteux qui s’approchèrent de lui dans le temple (Mt 21, 14).
Mais, jaloux, les princes des prêtres et les scribes des Juifs entendant les enfants qui disaient : Hosanna au fils de David (Mt 21, 9), brûlaient de colère et grinçaient des dents ; car (cela) les choquait beaucoup, (à savoir) qu’ils glorifiaient le fils de David et qu’ils (le) louaient comme le Très-Haut, de même que maintenant aussi (sont choqués) ceux qui le coupent par la dualité des natures qui (est) après l’union. C’est pourquoi ils lui dirent aussi : Entends-tu ce que disent ceux-là ? Et lui-même Jésus leur dit : Oui. N’avez-vous jamais lu : De la bouche des tout petits et de ceux qui sont à la mamelle tu as préparé une louange (Mt 21, 16) ?
Et certes si, selon la parole des impies et la scission de la dualité, celui qui était vu était autre et en dehors de celui qui était caché, il ne lui fallait pas répondre : « Oui », et s’approprier ce qui ne lui convient absolument pas, le confirmer par un témoignage et dire : N’avez-vous jamais lu : De la bouche des tout-petits et de ceux qui sont à la mamelle tu as préparé une louange ? Car c’est à l’auteur de toutes choses et à Dieu que le prophète David chante cela, en disant : Seigneur, notre Seigneur, qu’admirable (est) ton nom sur toute la terre, parce que ta magnificence a été élevée au-dessus des cieux : de la bouche des tout-petits et de ceux qui sont à la mamelle tu as préparé une louange (Ps 8, 3).
Or il a apporté aussitôt la raison même pour laquelle, de la bouche des tout petits et de ceux qui sont à la mamelle, il a préparé une louange ; (c’est) à cause de tes ennemis, dit-il, pour détruire l’ennemi et le vengeur (Ps 8, 3). Cela surtout montre que le psaume est dit de la personne du Fils ; car il a accepté la louange des tout petits pour reprendre et confondre les Juifs vengeurs et vindicatifs qui, en vérité, alors que par jalousie ils avaient des sentiments d’inimitié contre le Christ, s’imaginaient venger Dieu lui-même, quand ils formulaient des blasphèmes contre lui.
Mais c’est (venant) de l’âge qui est encore celui de l’enfance que le Christ, l’auteur de toutes choses, s’est préparé une louange ; et c’est là la (parole) : Il a préparé, comme s’il disait : « L’âge des enfants qui louent, d’une part, est imparfait, mais la louange, d’autre part, est accomplie et très parfaite ». Car comment n’est-elle pas parfaite, cette (louange) qui n’a pas été diminuée par l’humiliation que l’on voyait, mais qui louait celui qui était assis sur un ânon à l’égal de celui qui était monté sur les Chérubins, et (qui) professait le même (être) véritablement fils de David et Dieu Très-Haut ?
En effet, celui qui par sa nature est fils de Dieu, le même s’est fait, sans changement et sans confusion, selon la chair, fils du divin David, quand il s’est uni la chair qui (vient) de l’Esprit saint et de Marie Mère de Dieu la Vierge, (chair) qui nous (est) consubstantielle, qui est animée par une âme vivante, raisonnable et intelligente ; car il est un, sans séparation, de deux, de la divinité et de l’humanité, et c’est pourquoi (il est) un seul Fils, un seul Christ, un seul prosôpon, une seule hypostase, une seule nature incarnée de Dieu le Verbe.
Où sont-ils donc ces gens dépourvus d’intelligence, auxiliaires et défenseurs de l’imagination d’Eutychès et de la folie d’Apollinaire ? Ai-je eu besoin, en quelque manière, d’une jonglerie trompeuse qui est du domaine du rêve, ou (ai-je eu besoin) de retrancher l’intelligence à l’inhumanation divine, pour montrer l’innocence de la louange des tout-petits ? Ou est-ce que par hasard l’ânon passe pour marquer une tache et une souillure chez l’Emmanuel, et voulez-vous faire également de la mère de cet âne un produit de l’imagination ?
En effet, alors que vous avez honte de déclarer véritables les premiers commencements de l’incarnation immuable du Verbe, rougirez-vous d’elle en toute chose de la même manière, et l’imagination sera-t-elle pour vous le voile de (votre) honte ? Ou plutôt revêtirez-vous une honte différente de celle-là ? Car qui donc, doué d’intelligence, a honte de ces choses qui sont ainsi dignes de Dieu, même si elles paraissent viles ; ne confessera-t-il pas ce qui est salutaire pour notre race, ne se réjouira-t-il pas et ne s’enorgueillira-t-il pas de ces choses ?
Certes, alors que l’Emmanuel pouvait me faire don également de sa gloire, il a pris sur lui de participer à ma condition vile. C’est pourquoi donc il a aussi apporté une aide, sans avoir diminué sa plénitude et l’absence de besoin (qui lui est) propre et qui (est) dans sa nature ; et il a effacé le péché, et ce n’est pas le péché qu’il a pris ; et, de même qu’au commencement il a créé l’homme sans péché et en dehors de (toute) souillure, de même c’est en dehors de (toute) tache, quelle qu’elle soit, qu’il a rénové le même (homme) par l’inhumanation, quand lui-même est devenu homme sans changement.
Mais il est temps que nous arrêtions l’homélie, de peur qu’en l’allongeant, nous portions atteinte à la brièveté du balbutiement de la théologie des enfants. Vous également, honorez-la, en entraînant vos enfants non pas aux théâtres et aux compétitions de chevaux et en leur trouvant un divertissement pernicieux pour l’âme, mais en allant à l’église avec eux et en disant au Christ même, l’auteur de toutes choses et Dieu : « C’est également de la bouche de nos tout-petits et de ceux qui sont à la mamelle que j’ai préparé une louange » (Mt 21, 16). Qu’avec eux Dieu nous donne aussi d’obtenir le royaume des cieux, parce que c’est à lui qu’appartient la royauté éternelle et sans fin, ainsi que la puissance et la gloire, avec le Père et l’Esprit Saint, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen !
Fin de l’homélie 20