De l’homélie XVII de Sévère, nous ne connaissons que les deux fragments grecs relevés infra, et le passage de la « massore » du B.M. Add. 14.684, 110v°, indiquant le titre : des songes, et le numéro d’ordre de l’homélie : 17
Celui qui se réjouit sans cesse (Ph 4, 4) à cause du Christ n’est pas soumis à cette malédiction, et, ce qui est le comble, le Verbe de Dieu qui pour nous s’est fait chair et est devenu homme sans changement, lorsqu’il marchait de son plein gré vers la croix salutaire, nous a montré la raison pour laquelle il supporte en sa chair, volontairement, la Passion, en acceptant d’être couronné d’épines, criant pour ainsi dire par les faits eux-mêmes que c’est avec la volonté d’effacer la sentence (portée) contre notre race qu’il est venu, dans le but d’émousser en quelque sorte la pointe des épines, c’est-à-dire l’aiguillon de la mort (1Co 15, 56), ce pourquoi il les a portées sur sa tête.
C’est une habitude de Dieu, à l’égard de ceux qui se trouvent (plongés) dans une erreur profonde, de les conduire à la vérité, fréquemment, par le moyen de leur erreur même, et d’utiliser ce à quoi ils sont affectionnés pour (leur) faire voir les réalités supérieures. C’est bien, de fait, grâce à l’interprétation de leurs songes, qu’ils ont reconnu le Dieu véritable, et que l’un disait de Joseph : Pourrions-nous trouver un homme pareil pour avoir l’Esprit de Dieu en lui (Gn 41, 38) ? tandis que l’autre s’écriait à l’adresse de Daniel : En vérité, votre Dieu, c’est lui le Dieu des dieux et le Seigneur des rois (Dn 2, 47) ! En effet il ne pouvait pas, comme je l’ai dit, envoyer loi ou prophètes à des hommes qui étaient barbares, mal disposés à (lui) obéir et adonnés, comme je l’ai dit, aux visions en songe et aux oracles, mais c’est par cette corruption même, invétérée en eux, qu’il leur a communiqué l’étincelle de la vérité.