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HOMÉLIE 16

Sur la raison pour laquelle nous lisons pendant ces quarante jours de jeûne le livre de la Genèse, c’est-à-dire de la création du monde ; sur la décence dans nos chants et sur une tenue chaste et honnête. Elle fut prononcée dans la grande église

(Prononcée le premier dimanche de Carême, 24 février 513)

 

Y a-t-il quelqu’un d’entre vous, parmi ceux qui sont ici réunis, qui, aimant s’instruire et s’appliquer à entendre les paroles divines, a recherché en son particulier, ou s’est enquis auprès de son voisin en cherchant avec lui, pourquoi, en ces jours vénérables et saints du jeûne, nous lisons la création du monde, qui a été écrite pour nous par Moïse ? Ou bien voulez-vous que nous-même nous vous fassions maintenant un discours à ce sujet ? Direz-vous vraiment que vous le voulez ? Faites-vous semblant de ne pas être informés, et choisirez-vous de dire et de tout supporter, afin seulement de nous lancer dans la course de la parole et de nous amener au stade de l’enseignement ? C’est ainsi que vous entendez avec plaisir nos modestes paroles. C’est pourquoi, moi aussi, je me présente moi-même en face de la richesse de votre affection, alors que je suis pauvre, et j’oublie volontairement le proverbe qui dit : Tu ne te présenteras pas, si tu es pauvre, en face du riche (Pr 23, 4) ; et j’en viens à parler, alors que je n’ai absolument aucune préparation pour (cette) instruction.

Mais, faites-moi cette grâce de m’écouter en silence et de vous tenir convenablement, sans vous heurter les uns les autres en essayant de bousculer ceux qui se tiennent à proximité, comme pour ramasser du butin. Sinon, vous vous faites tort à vous aussi, en perdant l’audition à cause du bruit que vous faites ; et nous, de notre côté, nous sommes désarçonnés et troublés, étant forcés de redire les mêmes choses plusieurs fois et de revenir à nouveau sur les mêmes sujets. Or il nous faut entendre le livre divin disant : Les paroles des sages, c’est dans le calme qu’elles sont écoutées (Qo 9, 17).

II faut donc maintenant énoncer immédiatement ce que nous avons proposé d’examiner : nous célébrons les jours vénérables et saints du jeûne, en l’honneur de la passion salutaire, dans laquelle nous reconnaissons que Dieu a souffert dans sa chair, qu’il nous a procuré l’impassibilité, qu’il a reformé à nouveau par sa résurrection notre « vase », vieilli et usé par le péché, et qu’il nous appelle à une vie nouvelle, dans laquelle nous attendons selon sa promesse de nouveaux cieux et une nouvelle terre (Is 65, 17 ; 66, 22 ; 2 P 3, 13) ainsi que disent le prophète Isaïe et l’apôtre Pierre dans une de (ses) épîtres. En effet ce n’est pas nous seuls qui attendons de la résurrection un changement d’être et une amélioration, mais c’est également pour toute la création visible autour de nous, qu’aura lieu une transformation correspondant à notre gloire, et elle participera à la splendeur qui en résultera.

En effet, de même que maintenant, après avoir été assujettis nous-mêmes à la corruption venant du péché, les éléments de notre (monde) sont soumis également à des corruptions et à des changements (cf. Rm 8, 20-21) — nous voyons en effet que le soleil s’obscurcit et que la lune s’éclipse (cf. Jb 31, 26), comme l’a dit Job le plus grand des ascètes — de même alors, quand l’immortalité et l’incorruptibilité viendront fleurir sur nos corps dans la prairie en fleurs de la résurrection, ce monde visible aussi qui est autour de nous deviendra resplendissant de la beauté qui convient, puisque le créateur bon et capable de changer en plus beau, montre par là même que c’est pour notre service et pour notre utilité qu’il a fait passer la création sensible du néant à l’existence ; à la fin encore, c’est pour nous qu’il l’agencera de nouveau en vue d’un état glorieux et qui ne vieillit pas.

C’est ce que prédisait également le prophète Isaïe, autant qu’il était possible de le dire à qui prophétise sur la gloire ineffable : L’œil n’a pas vu, l’oreille n’a pas entendu et l’esprit n’a pu imaginer (Is 64, 4 ; cf 1 Co 2, 9) la nature de cette (gloire) : Et la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil et la lumière de soleil sera sept fois (plus grande) en ce jour-là, quand le Seigneur guérira la blessure de son peuple et guérira la douleur de sa plaie (Is 30, 26).

Or la plaie dont nous avons été frappés du fait du péché, c’est la mort ; et que pourrait-on imaginer d’autre pour guérir de cette (plaie), si ce n’est la résurrection, grâce à laquelle le soleil, la lune et l’ensemble des autres éléments resplendiront et seront à jamais rajeunis. Ceci est tout-à-fait juste.

En effet, de même qu’un serviteur, si son maître se conduit mal, a sa part lui aussi à cette action mauvaise, et que d’autre part si (le maître) se tourne vers le bien, il se trouve lui aussi bien disposé, de même également la création, qui avait été disposée pour nous servir et qui a participé jadis à la corruption, lorsque nous reviendrons à l’incorruptibilité, participera de nouveau, en même temps que nous, à l’honneur qui en résultera. C’est ce qu’en vérité le divin Paul aussi, en écrivant aux Romains, disait en ces termes : Or l’attente de la création guette et attend la manifestation des enfants de Dieu. La création, en effet, a été assujettie à la vanité — non de son gré, mais à cause de celui qui l’a soumise — avec l’espérance, parce que la création elle-même sera affranchie de la servitude de la corruption, pour (avoir part à) la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Car nous savons que toute la création gémit en même temps et est dans les douleurs de l’enfantement en même temps avec nous jusqu’à présent (Rm 8, 19-22).

Le prédicateur de la vérité personnifie la création même, en voulant montrer manifestement la grandeur de la réalité, et il dit qu’elle attend, c’est-à-dire qu’elle désire très fort en son attente, en rapport avec le jour de la résurrection, lequel est la manifestation des enfants de Dieu (Rm 8, 19) et la révélation des justes. En effet, l’attente est dite une observation prolongée de ce qu’on espère, en sorte que celui qui attend, pour ainsi dire, penche la tête et dirige les yeux comme si déjà aussitôt il était en train de voir ce qui est attendu. L’Apôtre lui-même, en continuant à personnifier la création, dit que la création a été assujettie à la vanité — non de son gré, mais à cause de celui qui l’a soumise — avec l’espérance, parce que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour (avoir part à) la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rm 8, 20-21).

En effet, après avoir été trompés par le péché, nous avons roulé vers une vie vaine et corrompue ; et cependant, même dans cet état, quand nous avons glissé vers tout désir honteux et même vers l’abîme de la perdition, pourtant la création nous a été assujettie, non pas de son gré, c’est-à-dire non pas quand nous en étions dignes, — car on se résout volontiers à servir qui en est digne, mais s’assujettir à qui n’en est pas digne, ce n’est pas de bon gré qu’on le fait d’ordinaire —, mais à cause de celui qui a soumis (Rm 8, 20) la (création) par l’abondance de sa douceur et la richesse de sa bonté, qui fait descendre la pluie sur les justes et sur les injustes (et) fait briller le soleil sur les méchants en vérité et sur les bons (Mt 5, 45) ; ce n’est pas tout : la justice étant jointe à la bonté et à la douceur, il n’a pas privé du service des créatures, parce qu’en étant indignes, ceux qui se sont laissés aller une fois à la vanité et qui ont été corrompus ; mais il avait l’espérance que les créatures aussi pourraient obtenir la liberté et participer à la gloire promise aux enfants de Dieu, même si maintenant elles gémissent en même temps avec nous et sont en même temps dans les douleurs de l’enfantement (Lv 18, 24-25) et désirent obtenir cette espérance.

Or la (parole) : Elle gémit en même temps et elle est en même temps dans les douleurs de l’enfantement, de même que la (parole) : La création a été assujettie, non de son gré (Rm 8, 20), sont propres, elles aussi, à la forme de la prosopopée. En effet, ce n’est pas pour montrer raisonnable la création insensible que l’Apôtre a dit cela, mais c’est pour que la parole, personnifiant la création, fasse connaître la force de la pensée d’une manière tout à fait manifeste, claire et démonstrative.

Car c’est l’habitude du Livre divin de personnifier les (êtres) inanimés et insensibles, et de prêter des paroles aux (êtres) qui ne sont pas doués de la parole ; tantôt, d’une part, il dira : Qu’as-tu, toi, mer, que tu as fui ? Et toi, Jourdain, que tu es retourné en arrière ? (Qu’avez-vous), montagnes, que vous avez bondi comme des béliers, et (vous), collines, comme des agneaux de brebis (Ps 113, 5-6) ? tantôt, d’autre part, (il arrivera) encore par le prophète Michée à s’écrier : Écoutez, collines, le jugement du Seigneur, et vallées qui êtes les fondements de la terre, parce que le Seigneur (a) un jugement à l’égard de son peuple, et il sera en discussion avec Israël (Mi 6, 2).

Moïse également, de son côté, quand il défendait tout commerce honteux et illégal et les unions qui (étaient) en dehors de la Loi, à ceux qui recevaient de lui la Loi, disait, comme s’il voulait les effrayer, que la Terre promise était devenue une ennemie pour les nations qui l’occupaient auparavant, comme si elle gémissait à cause des actions malhonnêtes et à cause de la grandeur de la honte, en écrivant ainsi : Et ne vous souillez pas par toutes ces choses, parce que c’est par toutes ces choses que se sont souillées ces nations que, moi, je chasse de devant votre face ; et le pays a été souillé, et j’ai puni son iniquité sur lui, et le pays même a éprouvé de l’horreur pour ceux qui y habitaient (Lv 18, 24-25).

Parce que donc nous nous purifions d’avance par le jeûne avant la résurrection, dont l’Emmanuel nous a donné le gage et la caution, lorsqu’il est ressuscité après la sépulture de trois jours …

(lacune de 4 folios)

 

Ce fragment syriaque se référant à l’homélie 16 se trouve dans le ms B.M. Add. 12.163, 29v (chaîne du moine Sévère à propos du Deutéronome) :

 

Car une habitude est difficile à changer et (Dieu) n’était pas disposé à guérir 30 ainsi de façon subite les enfants d’Israël qui n’étaient pas (arrivés) à la perfection et étaient (encore) enclins au culte des idoles à cause de leur séjour prolongé en Égypte. Sur une question semblable, c’est-à-dire à propos du sang, Dieu leur permit de faire des sacrifices, parce qu’il ne pouvait pas le leur interdire complètement, car il savait qu’ils n’obéiraient pas. Il ordonne donc de faire des sacrifices à lui seul, et, par là, il freina les excès désordonnés relatifs au polythéisme, jusqu’à ce que, parvenus à une opinion parfaite, ils disent comme David : Si tu avais demandé des sacrifices, je (te les) aurais donnés, (mais) tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes pacifiques ; un sacrifice pour Dieu, c’est un esprit brisé (Ps 51, 18-19).

C’est de la même manière aussi qu’il ordonna de chanter avec les cymbales, les cithares et les autres instruments de musique (cf. Ps 150), parce qu’ils avaient grandi avec les chants et les banquets, les fureurs démoniaques, les fêtes, les solennités et les danses ; mais, pour finir, il s’écria ouvertement par l’intermédiaire du prophète : J’éloignerai de moi l’harmonie de tes chants, je n’entendrai plus le son de tes cithares (Ez 26, 13).

Et encore : Donc le chant de l’oiseau divin est douloureux et tire les larmes ; et, après les larmes d’un saint désir, quand l’âme lave dans les pleurs les souillures des péchés…( ?) Fin de ce qui (est) du livre du Deutéronome.

 

Fragment du B.M. Add. 12.144, 126 r° b – 127v :

 

Car nous ne savons pas que (demander) pour prier comme il faut, mais l’Esprit prie pour nous en des gémissements ineffables. Or celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l’Esprit saints : que c’est selon la volonté de Dieu qu’il prie pour les saints (Rm 8, 26). Que veut-il dire par ces paroles ? Sache donc, ô auditeur en recherche, que « des dons nombreux ont été accordés par Dieu aux croyants d’alors et à ceux qui ont été baptisés par les apôtres, ainsi que des faveurs diverses. C’est ce que l’apôtre divin évoque ici pour chacun d’entre eux, quand l’Esprit le contraint et qu’il dit : À l’un a été donnée une parole de sagesse et il en instruisait beaucoup, à un autre une parole de prophétie, et il prédisait l’avenir ; à un autre le don de guérison, et il guérissait beaucoup de gens ; à un autre les miracles, et il ressuscitait les morts ; à un autre les langues (1 Co 12, 8-10), et il parlait différents langages.

Or, outre cela, il y a le don de la prière qui, lui aussi, est appelé esprit, et celui qui l’avait, priait pour tout le peuple. Parce que nous ignorons beaucoup de choses qui ne nous sont pas utiles et parce que ce sont celles qui ne conviennent pas et qui ne nous sont pas utiles que nous demandons, venait alors le don de la prière pour celui qui croyait à ce don et à ce qui convient et est utile à toute la communauté de l’Église ; celui-là se levait, parlait et exhortait les autres : il appelle donc esprit, dit l’apôtre, celui qui prie pour nous et l’âme qui reçoit ce même don et crie vers Dieu en gémissant ; et celui qui a mérité ce don se tient debout avec la souffrance en son cœur, avec des gémissements qu’il exhale en son esprit devant Dieu, et il demande ce qui convient à tous ; et ce qui en est le signe, c’est le diacre qui offre la prière pour le peuple.

Par là donc, il faudrait que nous comprenions que l’apôtre appelle « esprit qui prie pour nous » le cœur spirituel et non le Paraclet, et nous expliquons cela par ses paroles : Celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l’esprit, c’est-à dire de l’homme spirituel, c’est selon la volonté de Dieu qu’il prie pour les saints et ce n’est pas parce que Dieu ignore, que (celui qui prie) l’informe, mais pour que nous, nous apprenions à prier comme il faut et à demander à Dieu ce qui est bien.

Car on peut chanter sans (émettre) de son, quand la pensée émet un son de l’intérieur : car ce n’est pas pour les hommes que nous chantons, mais pour Dieu, qui peut incliner le cœur et qui connaît les secrets de notre âme, En indiquant cela, Paul disait : L’Esprit prie pour nous en gémissements ineffables. Or celui qui sonde les cœurs, sait quelle est la pensée de l’Esprit, qui, selon volonté de Dieu, prie pour les saints (Rm 8, 26). Or ce qu’il dit, ce n’est pas parce que l’Esprit gémissait, mais parce que les hommes spirituels, ceux en qui se trouvent les dons de l’Esprit, pratiquaient cela, quand, en faveur de ceux qui les approchaient dans la sainteté et la foi, ils offraient des prières et des supplications dans le repentir et les gémissements. Nous aussi, faisons cela et chaque jour prions Dieu et supplions-le par des chants et par des prières.

Quant à ce qu’il dit : Il prie pour les saints (Rm 8, 27), il appelle saints les fidèles, car tout fidèle est saint par la foi dans le Christ, à ceux que d’avance il a discernés pour être appelés, et que par avance il a connus, et qu’il a marqués à la ressemblance de l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères. Or ceux qu’il a marqués à l’avance et ceux qu’il appelle, il les justifie, et ceux qu’il justifie, il les glorifie (Rm 8, 29-30).

Qui peut dire une injure à Dieu ? Même s’il est tout entier pervers, car si (Dieu) a prédestiné ou fixé et déterminé les uns pour être appelés dans l’espérance, et d’autres, non, ceux qu’il a appelés et déterminés, il les justifie par miséricorde dans le baptême ; et ceux qu’il justifie par le (baptême), il les glorifie par l’effet des miracles, et ce n’est pas par leur volonté qu’il les a attirés à l’appel, même si miséricorde et gloire (viennent) de Dieu, comment n’y a-t-il pas d’injure envers Dieu ; et surtout parce qu’il prépare à jamais ceux que son décret, et non pas leur liberté, a fait des appelés, et (par ailleurs) il tourmente à jamais ceux qui, parce qu’il ne décrète pas qu’ils soient appelés, ne le sont pas. Ou bien peut-être il les a totalement rejetés ainsi hors de l’appel, hors de la foi, mais non pas hors des faveurs honorables.

Où d’autre part placer ce (verset) : Il a appelé, ceux qu’il a déterminés, alors que chacun est appelé, puisque dans toute la terre est sortie leur espérance et jusqu’aux extrémités du monde leurs paroles de gens qui espèrent (Ps 19, 5 ; Rm 10, 19). Et même si chacun n’adhère pas, n’est pas justifié et n’est pas loué, tu vois que ceux qui doivent être appelés par leur volonté et par leur liberté, parce qu’il les connaît avant qu’ils soient appelés, l’apôtre témoigne qu’il les a déterminés ; et il les a appelés eux seuls, et, bien qu’ils les ait appelés, c’est comme en vertu de la perfection de leur être et non pas comme en vertu d’un but (visé).

Car je prierais pour être moi-même anathème, (séparé) du Christ pour mes frères et mes parents selon la chair, eux qui sont Israélites, à qui l’adoption filiale, la gloire, les alliances, appartiennent la législation (Rm 9, 3). Mais parce que c’est pour les Juifs qu’il veut être anathème, alors surtout il a été montré que c’est pour le Christ seulement qu’il demandait cela, parce que c’est à eux qu’appartiennent l’adoption filiale, la gloire, le service et les promesses, car la loi aussi (vient) de là. Ce qu’il disait au sujet du Messie et de toutes les alliances avec eux, et du Messie venant d’eux, et de leurs ancêtres venant d’eux qui avaient reçu les promesses de tout cela ; mais c’est là précisément que fut l’obstacle : ils sont tombés (privés) de tous les biens, c’est pour cela qu’il dit : Je suis dans la tristesse, mais, même si je suis séparé et excommunié de la troupe du Christ, je ne le serai pas de son amour.

Non, que cela ne soit pas ! parce que, même cela, c’est par amour pour lui que je le ferais, mais j’aurais reçu de ces délices et de cette gloire, parce que mon Seigneur n’est pas blasphémé, puisque j’entends des gens dire : c’est pour la forme que ces choses ont été accomplies : il a promis aux uns et il a donné aux autres ; il est né des uns et il en a sauvé d’autres ; il a promis aux ancêtres des Juifs et il a laissé tomber leurs fils ; ceux qui jamais ne l’ont connu, il leur a enlevé leurs biens. Comme donc il ne dit pas ces choses ni d’autres semblables, seraient-elles dites au sujet de mon maître ; et même si elles étaient dites de façon inique, voici que je me jetterai hors du royaume et hors de la gloire ineffable et je supporterai tous les maux, mais j’ai pensé qu’il y aurait une grande consolation dans ma souffrance, à savoir que celui que j’aime, je ne l’entendrai plus désormais être l’objet de blasphème.

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