EXHORTATION SUR LE DON HABITUEL DES MORCEAUX DE TOILE POUR CEUX QUI SOUFFRENT DU MAL DE LA LÈPRE OU SONT MALADES AUTREMENT.
Je me souviens de vous avoir exhortés, aussi dans le temps passé, à apporter — non pas avec un cœur avare — des fragments de morceaux de toile pour le service nécessaire de ceux qui souffrent d’une maladie, au point de mettre moi-même devant vous, pour l’interpréter, également toute la parabole, qui (est) dans l’Évangile, de l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho et d’expliquer le sens de celle-là selon ma petite mesure, alors que, après avoir été aussi entraînés par vos oreilles, ainsi que vous (le) pensiez, vous avez paru vous surpasser vous-mêmes d’une certaine façon en largesse et en générosité pour ce qui est du don des morceaux (de toile), qui a été dit. En effet, parce qu’en somme une exhortation et un avertissement ont été nécessaires pour cela, je n’ai pas honte d’appeler « largesse » et « générosité » ce peu de valeur et (ce) peu d’importance (de l’offrande).
Lors donc que vous avez paru alors, en ce jour-là, des gens empressés et larges pour (ce) don, ce n’est pas les mêmes que vous avez paru aussi dans l’année qui a suivi, mais en grand nombre (vous avez été) petits. Et pourquoi dis-je « petits », alors que vous faisiez semblant seulement d’une manière trompeuse d’agir selon la loi, ou plutôt, s’il me faut dire ce qui est plus vrai, quand vous le cédiez même pour l’habitude à des femmes pauvres et à des hommes vils et petits, au point que ceux-ci, faisant par amour de Dieu violence à leur indigence, accomplissent ce qui était habituel et s’approprient la couronne de cette veuve, dont tout le train de vie consistait en deux oboles, et ( qui) cependant a tout donné au Christ, lorsqu’elle a élargi volontairement l’étroitesse de ses biens et (qu’)elle a montré (que) ces deux oboles (étaient) une grande richesse, de sorte que celui qui regarde les cœurs et ne considère pas ce qu’est ce qui a été donné, mais celui de qui est ce qui a été donné, et pèse la plénitude de la pensée, décrète et dise : En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui mettaient dans le trésor (Mc 12, 43 ; Lc 21, 3). Il faut donc dire, à ceux qui sont malades d’étroitesse et de petitesse d’âme sous ce rapport, ce qui a été dit par Paul aux Corinthiens : Élargissez-vous aussi vous-mêmes, et ne vous rétrécissez pas dans vos entrailles (2 Co 6, 12-13).
Pourquoi, en effet, avons-nous des dispositions si misérables et sommes-nous avares même pour des morceaux d’étoile ? Pourquoi ? — Parce que nous ne faisons pas les (choses) divines en connaissance de cause, mais (que) nous voyons tout avec des yeux de chair, et, avec l’esprit, absolument rien. En effet, ne m’aie pas égard au peu de valeur de ce qui est donné, et considère plutôt la magnificence du motif, c’est-à-dire l’intention, pour laquelle cela est donné. Et recherche avec amour de la science pourquoi, une seule fois en ces jours, le premier des diacres monte dans la chaire sacrée, et crie dans une proclamation publique et propre à la réunion, et rappelle à l’assemblée d’apporter ce don et de donner des morceaux d’étoile el des morceaux (de toile) pour ceux qui sont corrompus par la maladie de l’éléphantiasis (?), ou souffrent de la lèpre, ou sont affligés et malades d’autres ulcères.
Et en effet, ce n’est pas simplement que ce temps est assigné à ce don petit et cependant pieux et plus pieux que les autres, ainsi que, moi, je (le) juge. Et en effet, c’est à proximité et aux portes qu’est une fête du Sauveur, celle de Pâques, où se trouve le souvenir de la passion volontaire et divine. Parce qu’il fallait que Dieu souffrît pour fermer devant nous, par l’entière impassibilité, la source des souffrances, qui a coulé sans rémission — laquelle est le Calomniateur — le Fils et Verbe, qui ( est) avant les siècles, a pris vraiment la chair qui (vient) de nous ; et, quand sans changement il lui a été uni hypostatiquement (à elle) qui a une âme intellectuelle, et (que) sans division il était un de deux, à savoir de la divinité et de l’humanité, il a rendu pour lui, en tant qu’incarné, accessible et praticable le passage qui (mène) à la mort, lui qui également, après avoir été aux prises avec elle dans la chair capable de souffrir, et est mort comme homme et le même est demeuré immortel et impassible comme Dieu, lorsqu’il a vaincu la mort pour nous et non pas pour lui, et qu’il a goûté celle-là, non pas en ce qu’il était, mais en ce qu’il est devenu. En effet, parce que, nous, nous étions ceux qui ont été vaincus en Adam et que nous avons été sous le filet de la mort, après s’être incarné (en) tout ce qui (est) à nous et nous avoir pris tous en lui-même et n’avoir laissé de côté rien de ce par quoi a eu lieu le passage au péché, il a engagé le combat et lutté avec toute la mort, afin de la déraciner, lorsqu’il a été les prémices de la résurrection pour tout le genre humain. Et Paul proclame cela d’une voix éclatante, en écrivant aux Corinthiens et en s’exprimant ainsi : Car, parce que la mort (est venue) par un homme, c’est aussi par un homme qu’(est venue) la résurrection des morts. De même que-tous les hommes meurent en Adam, de même c’est aussi dans le Christ que tous vivront (1 Co 15, 21-22).
C’est pourquoi il monte sur la croix, en faisant connaître que sa descente au Schéol qui (se fait) par la souffrance est une montée plutôt qu’une descente. En effet, il nous a fait monter avec lui, nous qui étions couchés là en bas, et il s’élève jusqu’au fond de l’humiliation, en appelant de nouveau la mort, je veux dire notre chute, par (sa) hauteur et en montrant que, même lorsqu’il est descendu jusqu’à cela, il est haut par essence, parce que, lorsqu’il était amené en bas à cause de l’économie, il n’était d’aucune manière tiré en bas (loin) du séjour qui (est) en haut et qui (est) au-dessus de tout.
Et il est étendu tout droit, en nous tirant vers la montée et l’ascension de la vertu, nous qui sommes allés vers l’obliquité par le péché, et en (nous) dressant vers le haut et en (nous) menant vers le progrès et vers le développement. Et ce n’(est) pas cela seulement ; mais encore, lorsqu’il demeurait en haut sur le bois, il se soumet à de nombreuses blessures, en acceptant volontairement par une parole et par la sagesse le jet (de sang) qui (part) de la blessure ; car il est blessé, afin de bander et de guérir mes blessures incurables. Et il goûte le fiel et le vinaigre à l’encontre du goût gourmand d’Adam. Et il est cloué par ses mains, en guérissant l’extension et la rétraction des mains de celui-là, avec lesquelles il a touché au fruit beau et pas beau, et beau à cause de la joie et de l’allégresse, et pas beau, parce qu’(Adam et Ève) en ont mangé à contretemps et non pas au temps qu’il fallait que fixe un commandement, et qu’ils attendent la fixation de celui-là et qu’ils ne regardent pas, avec audace et selon une loi qui (vient) d’eux-mêmes, comme opportun ce qui n’(est) pas en son temps. Mais les pieds aussi sont attachés avec des clous, afin qu’ils soient capables de nous mettre un frein (pour arrêter) la course qui (mène) au péché, en modérant la descente et la chute du mouvement violent qui (conduit) à la volupté, laquelle, comme une maladie, s’est acquis un passage par suite de la volonté d’Adam qui a été vaincue, ce qui a donné cause encore à la condamnation à la mort.
Et — ce qui (vient) en dernier lieu et qui (est) de beaucoup le plus important — après qu’il a séparé l’âme du corps et que son esprit est sorti et qu’il est mort de la mort volontaire et à laquelle, nous, nous avons été condamnés, il est blessé par la lance à son côté, lequel était mort au point de vue humain — car (Jésus) était déjà sans âme et sans souffle — et (qui) vivait de la vie divine à cause de l’union de la divinité. Et, lorsqu’il eut été blessé, il émit de là du sang et de l’eau, afin que, de même que ce qui est sorti du côté du premier Adam — ce qui était la femme — nous a amené la mort par la tromperie du serpent, de même l’eau et le sang qui ont jailli du côté du second Adam, eux qui sont capables de purifier notre péché, engendrent la vie et le salut ; car c’est par l’eau et le sang qu’a lieu le commencement de la ré-(génération) et de la société avec Dieu.
C’est donc par tous nos (états) qu’est venu l’Emmanuel, lorsqu’il est un de deux sans changement et sans confusion et (qu’)il fuit également la division impie de la dualité des natures qui (vient) après l’union et l’apparence athée, afin que ce ne soit ni à un homme qui (est) à part, ni à des hallucinations imaginatives, que soit attribué notre salut, mais à Dieu, qui s’est fait homme vraiment et qui est mort d’une mort unique et de celle-là multiforme et qui lui est arrivée selon l’économie par des opprobres et des tourments nombreux, afin de mettre à chacun de nos ulcères un pansement approprié et convenable.
Le prophète Isaïe, voyant d’avance cela clairement et avec (ses) yeux mêmes et reprenant d’en haut l’audace, qui combat avec Dieu, des Juifs, ses compatriotes, criait : Lui-même, il porte nos péchés, et c’est à cause de nous qu’il est affligé par la douleur ; et, nous, nous avons jugé qu’il est dans la douleur et dans la blessure et dans le tourment. Lui-même, il a été blessé à cause de nos iniquités, et il a été malade à cause de nos péchés ; la doctrine de notre paix (est) sur lui ; c’est par sa meurtrissure que, nous, nous avons été guéris (Is 53, 4-5). Lorsque le prophète s’appropriait à lui-même l’audace et l’outrage de son peuple, qui devaient avoir lieu à l’égard du Sauveur et Dieu Jésus, et (qu’)il se comptait lui-même avec les oppresseurs, « nous-mêmes, dit-il, (ses) ennemis et (ses) adversaires, nous qui avons blessé, nous qui avons déchiré, nous qui avons maltraité, c’est par les maladies, par les blessures, par les meurtrissures de celui qui a été malade, de celui qui a été blessé, de celui qui a été souffleté, que nous avons été guéris, de sorte que, avec un si grand salut de celui-ci, les souffrances de celui-ci soient pour nous également une doctrine de paix ». Quel est, en effet, celui qui n’aurait pas des dispositions pacifiques et amicales même à l’égard d’un ennemi et d’un adversaire et (qui) échangerait la concorde pour l’inimitié qui se prête bien à l’absence de paix, en songeant que Dieu a souffert dans la chair pour ceux qui sont plus que tout ennemis et difficiles à pacifier et (qu’)il a supporté avec douceur tout ce pour quoi nous étions ceux qui (sont) dignes de la dernière colère ? C’est donc là ce qu’a dit le prophète : La doctrine de notre paix (est) sur lui (Is 53, 5) ; « c’est sur lui, comme sur une colonne, a-t-il dit, qu’est écrit l’enseignement de notre paix ». Et aussitôt il met le motif en conséquence, et il dit : Parce que c’est par sa meurtrissure que, nous, nous avons été guéris (Is 53, 5). Or le (mot): Nous, a une nombreuse signification ; (c’est) nous qui avons crucifié, nous qui avons combattu de toute manière, nous qui avons outragé et méprisé sans pitié. C’est pourquoi, lui aussi, il criait dans les Évangiles, en nous proposant son propre exemple pour doctrine : Apprenez de moi, parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes (Mt 11, 29). Paul également écrit ce qui s’accorde avec lui, en disant : Car, lui-même, il est notre paix (Ep 2, 14).
De ces souffrances salutaires, de ces plaies qui guérissent, de la maladie qui guérit et produit la force et la santé, il est mention prochainement dans la fête adorable de Pâques. C’est pourquoi c’est également dans ce temps-là que nous vous exhortons à apporter du secours pour nos frères blessés, et (cela) même avec des morceaux de toile seulement. Quant à toi, lorsque tu as égard au peu de valeur du don, ainsi que j’ai dit précédemment, n’oublie pas le motif digne de Dieu et la réalité ; n’aie pas égard à un tel ou à un tel, ainsi qu’à celui qui est corrompu par la lèpre et est plein d’ulcères et est étendu sur la terre, et n’aie ni répugnance ni dégoût. Mais, tandis que tu vois celui-là en bas avec les yeux du corps, regarde en haut avec les yeux de l’esprit vers celui-ci, au sujet de qui tu as clairement entendu Isaïe prophétiser : Et, lui-même, il a été blessé à cause de nos iniquités, et il a été malade à cause de nos péchés (Is 53, 5). Tu honores ces plaies, par lesquelles tu as été racheté du péché ; tu offres pour le sacrifice ce sang, qui a submergé ton iniquité ; tu guéris ces blessures, par lesquelles tu as été guéri, alors que tu étais blessé par le péché ; ces (blessures étaient) incurables, et voici que tu étais déjà frappé par la mort.
Considère à qui tu rends honneur, étant donné qui tu es. Est-ce que, en effet, si un roi est descendu chez toi, après avoir subi le risque pour toute la charge de son armée et avoir eu des succès et avoir triomphé et avoir levé l’étendard de la victoire contre ses ennemis, et qu’il eût une blessure apparente par suite de son engagement et de sa mêlée avec (ses) adversaires, et pas dans son dos comme un fuyard (est-ce que, dis-je), recherchant avec soin tout ce qu’(il y a) dans ta maison et cherchant même tout ce qui se trouve en cachette et examinant ce qui (est) le plus précieux parmi tous tes linges, tu ne (l’)apporterais pas et tu ne le déchirerais pas devant ses yeux, afin qu’il voie ton empressement et ta générosité et (que) tu doubles pour toi l’(objet) du service, quand l’esprit est servi plutôt que la plaie, parce qu’il te voit être sans pitié pour toute chose, tandis que tu n’es préoccupé que d’une seule chose, du soulagement de celle-ci ?
Qui donc, dis-moi ? Le Christ n’est-il pas un triomphateur qui (se présente) dans un combat ? Ne (l’est-il) pas, quand il a combattu ton combat contre le Calomniateur et contre la troupe qui hait les hommes et contre la phalange des démons qui (est) plus mauvaise que tout ? Ne (l’est-il) pas, quand il a remporté sur la mort la victoire qui (est) pour toi ? Écoute les armées qui (sont) dans la hauteur lui chanter un chant de victoire, lorsque, après la résurrection d’entre les morts, il est monté aux cieux, à lui qui remplissait (tout) comme Dieu et quand il était sur la terre et quand il est descendu dans les abîmes du Schéol : Qui est ce roi de gloire ? Le Seigneur puissant et fort, le Seigneur fort dans le combat (Ps 23, 8). Fais-le donc participer à cet honneur, auquel tu ferais participer aussi un des rois qui (sont) sur la terre ou (un des) généraux. Considère combien grande est la distance entre lui et ceux-là, et tremble par suite de la différence qui ( est) au-dessus de toute grandeur ; et ne reçois pas avec des morceaux d’étoffe très déchirés et sales et tout à fait inutiles le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs (1 Tm 6, 15), le Dieu qui (est) au-dessus de tout (Rm 9, 5), celui qui n’a pas rejeté de descendre même jusqu’à ceci, (à savoir) d’avoir le plaisir de recevoir de la compassion de ta part, même en ce qui est très petit et de t’apporter en retour pour cela un tel secours et de te donner à bas prix le royaume des cieux.
Nous entendons les saints Évangiles raconter que Joseph d’Arimathie et Nicodème et un petit nombre de femmes avec eux ont honoré le corps de notre Sauveur avec de la myrrhe et avec de l’aloès et avec un linceul et avec de suaves aromates, au temps de la sépulture, et nous estimons trois fois heureux ces personnages, parce qu’ils ont obtenu de servir le corps vénérable. Et quelqu’un dit peut-être : « Plût au ciel que j’eusse été aux temps d’alors, afin de toucher, moi aussi, le corps saint et de participer à sa sépulture ou à quelque autre service ; » En effet, il est habituel aux hommes de proclamer heureux ce qui est passé et de mépriser ce qui se trouve en leur pouvoir et de compter cela comme si ce n’est rien et de le négliger. Mais tu as encore maintenant, ô homme, le pouvoir d’embrasser aussi le corps du Christ, ce qui est plus magnifique que de (le) toucher et de (le) servir. Car l’ulcère de ce frère, qui est étendu sur la place, pour qui tu as fréquemment de la répugnance et dont tu ne supportes pas même la vue — mais tu passes en courant et tu dis encore avoir toi-même le dégoût et la nausée, en montant en l’air et en oubliant ta boue et en t’enflant d’orgueil — appartient au corps de celui-là, premièrement, parce que le Christ est la tête de tous ceux qui ont cru, lesquels constituent l’Église (cf. Ep 5, 23), et secondement, parce qu’il a dit clairement que, lui-même, il est nourri par l’intermédiaire de ceux qui ont faim et (qu’)il est servi par l’intermédiaire de ceux qui sont malades : En vérité, je vous le dis, dit-il, chaque fois que vous (l’ )avez fait à l’un de mes frères les plus petits, c’est à moi que vous (l’)avez fait (Mt 25, 40).
Toi-même donc, à part toi, examine la réalité, et, par l’exemple de la réalité qui est proposée pour l’examen, imagine-toi que tu te trouves très malade dans ton corps. Et, parmi tes amis, beaucoup apportent tout ce qui regarde ton soulagement et ta guérison ; et celui-ci va chez les médecins ; et celui-là, lorsque tu vas à la salle de bain, va avec toi ; un autre t’amène et te porte dans ses mains, et il te couche sur le lit ; et un autre dort chez toi même pendant la nuit, et il te présente le manger et le boire et s’il est besoin d’autre chose ; et, pour le dire simplement, ils se partagent les uns avec les autres le soin de ta maladie. Or il n’y en a qu’un qui ne fasse rien de tout cela ; mais, après ton trépas, il donnera avec empressement les habits et les vêtements (destinés) à la sépulture de ton corps et les autres (objets), par lesquels, semble-t-il, est honorée la consolation funèbre de ceux qui s’en sont allés. A qui donc surtout as-tu dû des remerciements ? A ceux qui, lorsque tu étais en vie et (que) tu (le) remarquais, te servaient et s’efforçaient de te ramener à la santé, ou bien à celui qui honorait ton amitié par l’honneur de la sépulture ? Il est bien évident que (c’est) plutôt à ceux-là — et (cela) se tient loin à une grande distance — qu’à celui-ci. Tels sont également ceux qui voient le Christ dans nos frères, vivants et malades, et (qui) les négligent et les dépassent en courant et (qui) sont bouche bée en ce qui concerne les (faits) anciens et disent : « Plût au ciel que j’eusse été alors, afin d’avoir part avec Joseph d’Arimathie et avec les autres à l’empressement qu’(ils ont apporté) à la sépulture et d’envelopper et d’ensevelir le corps divin et de participer par ce toucher à la sanctification et à la bénédiction. » Il t’est permis, en effet, encore maintenant, de le toucher de beaucoup de manières, et non pas d’une seulement ; car, à quelque bonne action que tu ailles, tu trouveras nécessairement qu’il est le premier à te rencontrer. Tu le vois qui se trouve devant toi sur l’autel, de même qu’il est assis sur le trône céleste ; tu t’approches et de là tu le reçois et tu (le) serres dans tes mains et tu (l’) embrasses et tu (le) couvres de baisers et tu le présentes à ta bouche et tu (le) fais entrer au-dedans (de toi) et tu l’as tout entier en toi, chez toi. Et, si tu vas dans une prison et (que) tu visites celui qui (est) dans les liens, tu le trouveras là encore tout entier qui est lié, tout entier qui est couché sur un lit avec un malade, tout entier qui (est) plein d’ulcères avec ce blessé et (ce) lépreux, tout entier qui tend la main avec celui qui a faim, tout entier qui brûle de soif avec celui qui a soif, parce qu’il prend sur lui le besoin de tous et qu’il apparaît tout entier près de chacun.
Pourquoi donc, en le négligeant quand il est dans le besoin, veux-tu l’honorer par ce dont il n’a pas besoin, et t’élèves-tu toi-même vers ce qui (s’est passé) autrefois ? En effet, lorsqu’il a enduré volontairement la croix pour nous et (qu’)il a séparé (son) corps de (son) âme, afin que, en mourant de notre mort, il plantât par celle-là des semences de vie et de résurrection, tandis qu’il est plein comme Dieu et Verbe et qu’il ne peut pas être divisé, il était uni tout entier à l’âme hypostatiquement et par elle il pillait le Schéol, en coupant les liens de là-bas ; pareillement aussi et non autrement, mais hypostatiquement, il était uni tout entier au corps également. Et c’est selon l’économie, et non par besoin, qu’il était mis dans le tombeau, en suspendant la corruption qui (se produit) dans les tombeaux et en offrant d’avance aux corps qui retournent à la terre et se désagrègent les prémices de la résurrection et en répandant en eux la force qui (se rapporte) à celle-là. Alors, même s’il était sans besoin, l’honneur qui (se trouve) dans les (soins) de la sépulture était nécessaire pour ceux qui (vivaient) alors, et non pas pour que maintenant, nous-mêmes, nous désirions cela en vain. En effet, il n’avait pas besoin du linceul et du dernier enveloppement de l’ensevelissement, celui dont le visage a resplendi comme le soleil et les vêtements sont devenus blancs comme la lumière (Mt 17, 2), quand, après s’être transfiguré sur la montagne, il a montré à ses disciples un peu de sa propre gloire. Mais c’est selon l’économie — ce que j’ai dit — qu’il se soumettait à la sépulture et pour la cause qui a été dite et pour montrer par tout (cela) que son corps était de notre essence et (pour) écarter et chasser de partout l’opinion de l’imagination. C’est pourquoi il est également enveloppé dans un linceul et il se soumet à un mélange de myrrhe et il est mis dans un tombeau et il se trouve (placé) sous des sceaux et (sous) des gardes, lorsqu’il réunissait pour la résurrection ce qui (est) vrai et qui est étranger à toute imagination et qu’il (la) préparait et disposait d’avance et qu’il (la) confirmait par les faits mêmes. Si, en effet, même lorsque tout cela a eu lieu, rien ne fait rougir et ne couvre de confusion ceux qui prônent l’imagination, jusqu’à quelle folie ne tomberaient-ils pas, si le corps de Notre-Seigneur n’avait pas été livré à la sépulture ?
Honorons-le donc par tout ce qui convient et s’accorde avec les besoins et avec les circonstances. Alors c’était le temps de la sépulture ; et ceux qui se sont empressés pour celle-là ont mis au tombeau, et d’une moisson profitable ils ont recueilli un profit. Maintenant celui qui est plein d’ulcères demande un remède ; saisissons cette (occasion) avec joie, et appliquons-nous à nous devancer l’un l’autre. Et ne donnons pas seulement un morceau d’étoffe, mais encore le vêtement tout entier, pour ceux qui souffrent et sont malades, parce que, nous, nous sommes bien portants et (que) ceux-là sont tourmentés par des ulcères. A ceux qui souffrent et sont cruellement affligés par la douleur, payons un juste tribut. Associons-nous, en effet, à eux dans leur souffrance, en leur apportant (quelque) soulagement et (quelque) consolation. Car souvent certains d’entre eux reçoivent des maux en ce monde, comme Lazare, pour leurs péchés et ils sont purifiés par l’affliction et la douleur ; et ils seront transportés dans le sein d’Abraham et dans le séjour des justes et ils reconnaîtront ceux qui leur ont fait du bien et ils les recevront avec joie. Que celui qui est bien portant aujourd’hui, songe que ce qui (fait partie) du lendemain est inconnu ; car les souffrances sont générales, et l’avenir est invisible. Que personne ne dédaigne et ne méprise et ne compte pour rien les ulcères de son prochain, et il ne fera pas l’expérience des ulcères. En effet, c’est devant les yeux de Dieu que sont les voies de l’homme (Pr 5, 21), dit le Livre sacré ; et, lorsqu’il voit que tu es bienveillant et que tu te penches vers la souffrance de ton frère, il chasse de ton corps toute cause qui produit la maladie et la corruption qui (vient) de l’éléphantiasis (?) et de la lèpre et de la gale et des autres ulcères. Vite donc quitte ton manteau, et jette-le sur celui qui (est) malade, sachant qu’avec lui tu quittes aussi la tunique des ulcères.
Ayez soin, femmes, vous toutes qui avez de la pitié — et en effet, votre sexe est particulièrement disposé à la pitié — que chacune de vous jette pour elle-même un de ses propres linges, et pour son mari de même (un) de ses vêtements, et pour les enfants pareillement. Pour chacun, ce qui est donné est le salut, une dette qui guérit et qui secourt. Sème abondamment sur le corps qui (est) malade, afin que tu moissonnes des gerbes de santé qui (soient) extrême ment riches.
« Quoi donc ? dira un des hommes qui sont présents. Veux-tu que je quitte (mes vêtements) tout aussitôt ? Et c’est ainsi que tu m’épouvantes et que tu me poursuis. » — Mais avant tout, d’un côté, si, te retirant un peu de temps, tu fais cela, tu paraîtras être très ardent dans la foi et tu pousseras les autres à un zèle semblable, et il y aura pour toi également une récompense à cause de cela. Si, d’un autre côté, allant à ta maison, tu veux demain faire cela ou même quelque chose de plus important, à un jour près tu ne causeras aucun dommage ; seulement n’oublie pas ce qui a été dit. Si donc tu quittes (tes vêtements) aussitôt, comme il t’est possible, tu ressembleras à ceux qui ont vu le Christ assis sur le petit d’un âne et (qui) ont quitté leurs manteaux et (les) ont étendus sur le chemin. Il faut donc que, et pour la santé et pour tout secours, nous donnions en échange (quelque chose) à Dieu (qui est) secourable et bienfaiteur. En effet, lorsque Moïse se fut armé et (qu’)il fut allé en guerre contre Madian, une fois que les combattants furent revenus, après qu’ils eurent vaincu ces ennemis et ( que) parmi eux pas un seul n’était tombé dans le combat, mais (que) tous s’étaient sauvés, à cause d’un tel salut, quand ils eurent décidé d’un commun accord à la place de toute l’armée des soldats, les chefs de milliers et les chefs de centaines lui dirent : Tes serviteurs ont dénombré les combattants qui (sont) de chez nous, et pas un n’a manqué. Et nous avons fait une offrande au Seigneur, chacun (donnant) l’objet d’or qu’il a trouvé, collier et chaînette et anneau et bracelet et bijou pour les tresses de cheveux, afin de faire l’expiation pour nous devant le Seigneur (Nb 31,48-50). De la même manière donc il convient à chacun de vous, chef et maître de sa maison, de faire des offrandes pour la santé et le salut de tous ceux qui y habitent et de rendre au Seigneur bienveillant, afin qu’il lui soit propice.
En effet, ce que nous avons dit des morceaux d’étoffe, il nous faut le faire passer également en bonnes œuvres très magnifiques d’après la mesure des ressources de chacun et d’après le besoin des besogneux, parce que Notre-Seigneur aussi a dit qu’un verre d’eau fraîche qui (est) donné rapporte une récompense à celui qui (le) donne cf. Mt 10, 42 ; Mc 10, 40) ; mais alors (c’est) nécessairement quand il sera donné à celui qui ne possède pas même cela, en quelque lieu sans eau ou à cause du manque d’eau. Et en effet, si ici quelqu’un, donnant à des besogneux des verres (d’eau pris) au ruisseau qui de Daphné coule abondamment pour nous, croit accomplir le commandement de l’Évangile, il sera tourné en ridicule, parce qu’il donne d’une manière superflue et inutile une boisson qui se répand abondamment, et (qu’il) ne (croie) pas qu’il accomplit l’esprit de la loi. Et que notre Seigneur et notre Dieu Jésus-Christ, ce législateur des lois de la vie, nous donne et l’intelligence pour comprendre et la force pour faire ce qu’il a commandé, et qu’il nous rende dignes du royaume des cieux ; Puisse-t-il arriver que tous nous l’obtenions pour la gloire et pour la louange de son nom, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ; Ainsi soit-il ;