دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 121

SUR LA PRÉPARATION, ET LA DISPOSITION A L’ENTRÉE DANS LE BAPTISTÈRE, SELON L’HABITUDE.

Après vous avoir parlé une et deux fois au sujet de ce soir et (avoir dit) quel est le sens et la signification du (fait) que, pendant ces quarante saints jours du jeûne, nous interdirons l’entrée, qui (a) lieu avec des prières, de la source qui coule continuellement et qui à partir du ciel (est) un ruisseau qui (va) au Jourdain, jusqu’au jour de la résurrection, plus adorable et (plus) glorieux que tous les jours, j’estime de nouveau superflu de remuer (ma) langue, toujours et encore l’année qui viendra, sur le même soir et touchant le même sujet, en considérant aussi en même temps que la pauvreté de (ma) parole ne peut pas apporter quelque chose de nouveau sur des objets qui se ressemblent. Et, en faisant ces réflexions, je crois avoir bien pensé.

Or, lorsque l’année suivante du cycle m’amène de nouveau au même soir, je ne sais pas comment je me trouve changé et (comment), en prenant pour vous dans mon esprit, je parais d’indigent (être) quelqu’un d’opulent et de généreux. Et, comme cette veuve, qui a reçu Elie, laquelle était pauvre et est devenue riche, quand je considère mon besoin et que je ne peux pas nourrir copieusement l’insatiabilité digne d’éloge de vos oreilles, ni mettre devant vous en quelque quantité que ce soit un seul pain entier, je juge bon de me servir de ses paroles et de dire à chacun de ceux qui se disposent à entendre : Le Seigneur ton Dieu est vivant, je n’ai pas un pain cuit sous la cendre, si ce n’est environ une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche (1 R 17, 12), afin que vous-mêmes vous répondiez à celles-là et (que) vous leur opposiez à (grands) cris les paroles prophétiques d’Élie : Le Seigneur dit ceci : Le pot de farine ne manquera pas, et la cruche d’huile ne diminuera pas (1 R 17, 14). C’est là l’abondance de mes biens, c’(est) là mon opulence, c’(est) là la richesse de (ma) parole ; car le (fait) que vous-mêmes ayez de telles dispositions de foi me confère un don de parler qui (est) très suffisant.

Cependant je continuerai, puisque nous avons fait mention de l’huile, à prendre cela pour sujet, afin de vous tisser une exhortation qui convienne ce soir. Songeons donc à ces dix vierges (cf. Mt 25, 1-13), que présente l’Évangile, lesquelles se préparaient à aller la rencontre de l’époux ; et imitons ces cinq sages, mais fuyons l’exemple de ces cinq folles et insensées ; et, pendant ces jours saints du jeûne, garnissons et préparons nos lampes. En effet, d’un côté, l’âme de chacun des fidèles est une vierge, lorsqu’elle reconnaît le Christ comme seul époux et mari, ainsi que dit Paul, écrivant aux Corinthiens : Je vous ai mariés à un seul mari, pour vous présenter devant le Christ comme une vierge pure (2 Co 11, 2). D’un autre côté (elle est) une lampe, une mèche, qui est tressée par les travaux des actions et par la méditation assidue de la loi divine des vertus et (qui) brille de la lumière du feu d’en haut et des cieux.

En effet, que personne donc ne pense que c’est de ceux seulement qui ont renoncé au commerce du mariage et ont couru après l’isolement et la vie solitaire, et après la pureté qui (se trouve) en cela, et après la (condition) de devenir d’avance morts en tout ce qui appartient à la procréation et d’être crucifiés avec le Christ, que parle ici l’Évangile. Car il parle, ainsi que j’ai dit, de toute âme, qui par le bain de la régénération a été mariée et s’est attachée au Christ, parce qu’il est exigé nécessairement que la lampe ait la préparation des vertus qu’éclaire la lumière qui (vient) d’en haut, afin que, lorsque (le Christ) descendra du ciel une deuxième fois avec une gloire qui convient à Dieu et (est) sublime et au-dessus de laquelle on ne peut rien imaginer, tandis que les anges viendront devant lui avec la trompette et une grande voix (Mt 24, 31), chaque (âme) lui présente la lampe de ses propres œuvres, qui est imbibée de la miséricorde pour les pauvres — laquelle (miséricorde) a été d’avance préparée et mise en place — et (qui est) éclatante, et qui dresse sa flamme très haut, et (qui) par son éclat et sa splendeur attire le visage de l’époux rempli de paix et d’allégresse, afin d’entrer avec lui aussi dans la chambre nuptiale. C’est, en effet, à la chambre nuptiale qu’a été assimilée la joie du royaume des cieux (cf. Mt 22, 2), parce qu’à l’éclat et (à) l’union se mêle le plaisir chaste et véritable et qui n’est pas modéré par la satiété et dont on ne peut pas trouver d’exemple sur terre ; car il n’y a chez les hommes rien de plus aimé et de plus cher que l’union charnelle qui (a lieu) dans le mariage, de laquelle naît également l’amour pour les enfants. Et en effet, s’il était possible de trouver une autre image qui soit plus grande, (l’Évangile) apporterait nécessairement celle-ci ; mais il s’est servi de celle-là, parce qu’une autre ne peut pas montrer en même temps ces (ressemblances) qui sont très nombreuses.

C’est pourquoi le prophète Isaïe dit à Jérusalem, qui est l’Église : De même que l’époux se réjouit à cause de l’épouse, de même le Seigneur se réjouira à cause de toi (Is 62, 5). Et que c’est à l’Église que s’adresse la parole, et non à la Jérusalem qui se voit avec des yeux sensibles et (est) ancienne, il (l’) a prédit : Et il appellera ton nouveau nom, celui que le Seigneur nommera (Is 65, 2). Or le nouveau nom, c’est celui de l’Église, et celui qui complète celle-là, (à savoir) celui des chrétiens. Et que le Seigneur ait appelé le (nom) et (que) parmi les hommes personne ne l’ait trouvé, il (l’)a fait connaître d’abord, lorsqu’il a dit : Tu es roc, et sur ce roc je bâtirai mon Église (Mt 16, 18).

Et c’est de la même manière que Paul également, après s’être servi de la comparaison et de la ressemblance du commerce du mariage, en écrivant aux Éphésiens, dit : A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; quant à moi, je dis par rapport au Christ et par rapport à l’Église (Ep 5, 31-32). En effet, (le mystère) est vraiment grand même dans l’exemple de l’amour qui se rapporte au joug du mariage ; mais il est plus grand — on ne peut pas même dire quel il est — et il regarde le mystère, lorsqu’il s’élève par rapport au Christ et par rapport à l’Église.

Parce que donc nous avons compris ce que veut dire le (fait) d’aller à la rencontre du Christ et quelle (est) la signification des lampes, nous aussi, disposons-nous et préparons-nous pour entrer avec lui dans la maison de lumière au jour de la passion du Sauveur et de la résurrection, lorsqu’il va par le bain divin s’attacher encore d’autres vierges, des âmes, quand elles se réuniront ensemble et se lieront à la seule vierge et épouse, l’Église. Car, bien qu’il s’en ajoute beaucoup, elle est encore pareillement une, parfaite et chez qui il n’y a rien qui manque absolument en ce qui concerne l’appellation de celui qui a appelé. C’est pourquoi c’est en dix vierges également que (le Christ) a renfermé sa plénitude ; car le nombre « dix » est la marque de la perfection ; mais que cinq d’entre elles se soient trouvées folles et encourent la condamnation de la dernière folie, c’est le (fait) de leur faute ; et cela aussi montre qu’ (il y a) beaucoup d’appelés, mais peu d’élus (Mt 22, 14).

Et on peut trouver d’ici encore une autre signification plus profonde. En effet, parce que la pratique des vertus est régie par ces cinq sens, par la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, quand ils obéissent à l’intelligence, le chef de l’ esprit, lorsqu’elle commande avec la loi divine ce qui doit être fait, et ( qu’)ils se conforment à ce qui convient, la parole montre que, si en face de cette patience ils ont en équilibre aussi les bons offices et la miséricorde pour ceux qui sont dans le besoin, c’est doublés en quelque sorte, et dix au lieu de cinq, qu’ils paraissent à l’époux. Mais, quand ils manquent de cela el (qu’)ils n’ont pas pratiqué avec soin la pitié envers (leurs) congénères, c’est à bon droit qu’ils sont jugés être (les sujets) d’un manque d’intelligence, (eux) qui ont pris sur eux inutilement la peine qui (se rencontre) dans ces autres (actions), et ils sont comptés cinq seulement, en étant réputés pour rien ; et ils ont des lampes pour la patience qui reste, mais (des lampes) sèches, et qui ne peuvent pas sans s’éteindre briller de la lumière qui (vient) d’en haut, laquelle dit : Je veux la miséricorde, el non le sacrifice (Os 6, 6 ; Mt 9, 13 ; 12, 7).

Il nous faut donc aussi tresser la mèche en tressant les vertus, ainsi que j’ai dit, et imbiber celle-là d’une huile abondante, et ne dédaigner personne, et nous préparer à aller à la rencontre (de tous) ensemble. En effet, l’éclat qui (est produit) par la pureté des bonnes œuvres excite la lumière qui (vient) d’en haut ; car ce qui est semblable court vers ce qui est semblable. Et écoule un des prophètes — et Osée est celui-là — qui te trace la préparation de la lampe : Semez pour vous la justice, et moissonnez le fruit de vie ; allumez pour vous la lumière de la science ; tandis qu’il est temps, cherchez le Seigneur, jusqu’à ce que vous viennent des fruits de justice (Os 10, 12). En faisant cela, nous serons des vierges, des jeunes filles, dignes d’aller à la rencontre du Christ. En effet, la parole appelle les mêmes âmes souvent soit vierges, soit jeunes filles, lorsqu’elles ont montré de la juvénilité, c’est-à-dire de l’entrain, en face des passions déshonorantes.

Alors aussi la parole de l’enseignement au sujet de la nourriture, quand elle est assimilée au froment et au vin, paraîtra d’agréable odeur en ce qui concerne vos actions. En effet, selon la parole du prophète Zacharie, le froment (est) pour les jeunes gens, et le vin d’agréable odeur pour les vierges (Za 9, 17). Car c’est en vue de la virginité et en vue de l’observance d’une vie pure et du mariage (marqué) par le sceau du Christ que nous avons été mariés ; el c’est par la juvénilité et l’entrain des travaux des vertus que le froment intellectuel et le vin — car c’est là la signification de l’enseignement — sont connus, et (qu’)ils font participer également les voisins par suite de l’agréable odeur el qu’ils amènent les autres au zèle de ce qui est semblable, et (que), comme dit Paul, un sacrifice et une oblation sont offerts en agréable odeur au Dieu vivant (cf. Ep 5, 2), à qui (soit) la louange pour les siècles. Ainsi soit-il ;

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