دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 12

[Sur Antoine]

 ……………….. ils les appellent pauvres (?), ils prennent des airs sombres et ils disent : Votre héritage sera mince, ô mon fils, surtout si pour tous les enfants que vous êtes il est partagé en trois ou quatre parts ; et ils éprouvent quelque chose d’étrange et d’hostile, ceux-là qui au début priaient pour mériter d’avoir de bons fils ; ils gémissent sur le nombre des enfants, et dès qu’ils voient un garçon ainsi disposé il se réjouissent, se répandent en plaisirs et disent : « Que celui-là devienne un homme ! » Alors qu’il serait préférable et bien plus conforme aux circonstances de dire à leur adresse : « Vous vous trompez, car vous ne faites pas de cet individu un homme, mais quelque chose de misérable, de mauvais, de sauvage. » Oui, vous tous, alors que, d’une part, s’il arrive qu’à l’un de vos enfants un œil soit arraché, une main ou même son petit doigt pris de paralysie, vous vous lamentez et vous estimez que ce qui vous arrive est un déshonneur cruel et vous couvre de honte ; et que, d’autre part, si son âme est en proie à des plaies nombreuses et inguérissables, appesantie par la gourmandise, la luxure, l’orgueil, les plaisirs du monde, les passions honteuses, vous ne vous rendez même plus compte que votre attitude manifeste clairement que vous n’avez donné la vie qu’à de la chair, et non pas à des âmes douées de raison.

Sur ce sujet, vous n’êtes attentifs qu’à écarter ce qui serait une pensée profitable, ce qui précisément a le pouvoir de vous induire en erreur ; car, de cette façon, vous entrez en guerre avec vous-mêmes et vous nuisez (de plus) au salut de vos enfants. Car, la plupart des questions qui les concernent, vous les ramenez à tout l’argent que vous possédez, qui constitue à l’avance le moyen d’assouvir leurs passions : ce faisant, tous deux ensemble, vous commettez des fautes dont on ne peut guérir et qui ne relèvent d’aucun pardon. Ce que, dans vos âmes, vous avez mis à découvert, par les mouvements de la justice, alors qu’aujourd’hui peut-être vous êtes sur le point de partir sur la route dont il n’y a rien à tirer pour y boire, et que vous y allez, emportés (?)…

II y a encore ce fait que, pour finir, vous tolérez que vos enfants vivent en instance de péché[…]. Car celui qui, à ceux qui pèchent, fournit abondance et semence, doit partager, en toute justice avec eux, même leurs fruits. À ce sujet Qohélet disait en appelant infirmité : un tel manque d’intelligence II y a une infirmité que j’ai vue sous le soleil : la richesse conservée par quelqu’un par devers lui pour son malheur (Qo 5, 12) … …

… Et quand nous entendons le livre sacré dire : Celui qui a pitié du pauvre prête à Dieu (Pr 19,17), et que nous voyons le Christ dans la rue dépourvu des vêtements nécessaires, c’est Lui encore que nous dépouillons ; et de plus ce dont nous sommes revêtus, nous le cachons.

Aussi bien, si nous réfléchissons ensemble avec toi, dis-moi, si tu vois un roi poursuivi par des ennemis et des adversaires, qui, pour finir, a échappé aux mains de ses adversaires et a été sauvé de façon inattendue, (se trouve) sans aucun vêtement et sans personne qui lui rende de grands honneurs ; en ta compagnie, tu lui communiques des vêtements de valeur et de prix, consolation et délices en abondance, alors que tu t’attends à ce que, s’il reprend les affaires du royaume et les combats royaux et qu’il tient en honneur la couronne, aussitôt toi et tes enfants, il te fera venir à la cour royale, se souviendra des faveurs reçues et te fera parvenir aux premiers honneurs.

Or le Christ, le roi du ciel sans fin, le Dieu qui ne trompe ni par ses paroles ni par ses promesses qui ne sont pas mensongères, si tu le nourris ou si tu l’habilles, d’un peu de nourriture ou d’un vêtement nécessaire — car c’est en cela surtout que se trouve la grandeur de son amour des hommes — ne se souviendrait pas de toi et de tes enfants, et ne te rétribuerait pas par des honneurs et des dons dignes de Dieu, maintenant et encore dans le royaume du ciel ? Cela ne serait pas ? ne serait pas ? Un de ces sages en choses divines s’écrie : Considérez les générations qui nous ont précédés et voyez si quelqu’un qui espère dans le Seigneur fut abandonné ! Ne sommes-nous pas en effet les pères de nos enfants pour que vis à-vis de Dieu et vis-à-vis de notre salut…

C’est pourquoi il vous fallait plutôt sortir(?). Car c’est ce qui est dur à supporter qui est récompensé avec le plus de magnificence par Lui. C’est à cause de cela que sont obstrués et encombrés la porte et le chemin de la vie, — car je passe sous silence que nous sommes redevables d’une nouvelle dette à (notre) martyr : de même en effet que le divin Babylas fait descendre le feu du ciel sur la tête d’Apollon, si vous vous souvenez de ce que j’ai dit, de même aussi il éteint l’incendie de notre ville, quand il prie le Christ en se souvenant de nous. Qu’il empêche la violence de la flamme, celui qui par ses prières aussi nous sauvera encore de ce feu qui ne s’éteint pas et qui est éternel. À lui la gloire, maintenant et en tout temps, et pour les siècles des siècles ! Amen !

 

Fin de la douzième homélie

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