دائرة الدراسات السريانية

HOMÉLIE 111

CETTE HOMÉLIE ÉGALEMENT FUT PRONONCÉE A ÉGÉE. ELLE INDIQUE LE (SUJET) SUR LEQUEL ELLE FUT AUSSI PRONONCÉE, LORSQUE, (EN RÉPONSE) A UNE QUESTION, ELLE FUT IMPROVISÉE, SANS AVOIR ÉTÉ ÉCRITE D’ AVANCE.

 

Il y a aussi des oreilles avides (d’entendre), qui ne limitent pas l’audition avec mesure ; et elles sont proclamées bienheureuses (cf. Mt 13, 16) à cause de (cette) passion digne d’éloge, parce qu’elles chassent une satiété d’entendre qui, en se rapportant aux choses divines, est déshonorante. Car qui est celui qui aussi se rassasiera de Dieu, la lumière intellectuelle et inaccessible ? En effet, si, en voyant la (lumière) tous les jours, nous jetons sur elle des yeux sensibles toujours nouveaux, que dirons-nous de la splendeur ineffable, vers l’éclat de laquelle Moïse, en ayant vu un très petit rayon, se pressait en courant, interrogeait le Dieu de l’univers, lorsqu’il était blessé dans son cœur, et disait : Montre-toi toi-même à moi (Ex 33, 18), je te verrai clairement. Et lorsque Dieu eut cédé un peu, et autant que c’était accessible pour celui-là, le Livre sacré dit : (Moïse) vit ce qui était derrière (Dieu) (cf. Ex 33, 23). En effet, parce que tout entier (Dieu) nous échappe en courant, on ne le verra qu’autant qu’on lui verra le dos lorsqu’il s’enfuit. C’est pourquoi je vous félicite, (vous) également, de (votre) désir d’entendre les choses divines. Car c’est ainsi que Notre-Seigneur aussi disait de Marie, la sœur de Marthe, qu’elle avait solidement appliqué son oreille à son enseignement : Marie s’est choisi une bonne part, qui ne lui sera pas ôtée (Lc 10, 42).

Parce que donc hier j’ai émis des propositions, à l’adresse de quelques-uns d’entre vous, au sujet de l’inhumanation de Dieu et que quelqu’un m’a posé une question, en disant : « Si le Fils est inséparable du Père, pourquoi ne disons-nous pas que le Père aussi s’est incarné et s’est fait homme ? » il faut dire que le Père est inséparable du Fils, en ce que (ce dernier) est Dieu auprès de Dieu, et (cela) par la communauté de l’essence — car une est la divinité du Père et du Fils, comme par exemple une est l’humanité de Paul et de Pierre — et non par la propriété de l’hypostase. Jamais, en effet, le Fils ne changera ou ne passera à être le Père, de même que le Père ne passe pas et ne change pas non plus pour être le Fils. Car le Fils est engendré par le Père sans commencement et éternellement, de la même manière que le rayon (vient) de la lumière du soleil, sans être jamais séparé de ce qui le fait resplendir ; et le Père n’est pas de quelque chose, mais sa propriété est la « non-génération ». C’est pourquoi, en effet, c’est à proprement parler que l’un est et se nomme le Père, et l’autre (est et se nomme) le Fils. Ou bien donc tu donneras aussi au Père qu’il est le Fils, tu diras que celui qui n’est pas de quelque chose et (qui) est sans génération est engendré, tu feras de la confusion dans les images propres et tu nous laisseras les noms des hypostases vides et même (réduits à) rien du tout ; ou bien, tant que le Père reste le Père et qu’il reste celui qui s’écrie par le prophète : Moi, je suis, et je ne suis pas changé (Ml 3, 6), il n’y a pas nécessité, parce que le Fils est incarné, que (le Père), lui aussi, passe pour être incarné avec lui. En effet, si nous entendons les prédicateurs de la vérité crier : Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 14), et que la parole est l’enfant de l’intelligence, et que l’intelligence qui est au-dessus de tout et essentielle est le Père, le Verbe par conséquent est quelque chose d’autre que l’intelligence dont il est le Verbe, quoiqu’il soit une image exacte de l’intelligence, en figurant en quelque sorte et en montrant, ainsi qu’avec un sceau parfait, ce qui (est) en profondeur, et le mouvement, et la pensée qui est invisible et qui (se trouve) dans le cœur.

C’est pourquoi, en effet, (le Fils) n’est pas dit seulement le Verbe, mais encore l’ange du grand conseil (Is 9, 6) et l’image du Père invisible (Col 1, 15), ce qui n’indique pas peu en soi-même l’intelligence par laquelle il est engendré et (ce qui) montre l’original ainsi que dans une image, de telle sorte, en effet, qu’à Philippe, l’un des disciples, qui avait dit : Montre-nous ton Père (Jn 14, 8), il dise aussi : Il y a tant de temps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ; celui qui m’a vu a vu le Père (Jn 14, 9). Ce (mot) : « Il m’a vu », est pris ici au lieu du (mot) : « Il m’a compris » ; car comment verrait-on d’une vue corporelle et sensible le Père qui est incorporel ? C’est pourquoi, en effet, il a également mis auparavant ce (mot) : Tu ne m’as pas connu (Jn 14, 9), afin que ce (mot) : « Il a vu », soit compris : « Il a connu » ; car la connaissance des choses divines est une vue intellectuelle.

Celui-là donc s’est incarné et s’est fait homme, (à savoir) ce Fils, ce Verbe, cette image, (et) non pas le Père, non pas l’intelligence, et non plus l’original. Celui-là s’est fait pauvre pour nous, alors qu’il était riche (cf. 2Co 8, 9). O la concision des expressions, qui porte en soi-même la richesse des pensées qui conviennent à Dieu ! À proprement parler, en effet, il est riche, celui qui est sans besoin et parfait en tout, ce qui est le propre de Dieu ; car celui qui manque de quelque chose, celui-là n’est pas riche. Ainsi par conséquent il était de la même essence que le Père, de (la même) gloire, de (la même) royauté, de (la même) éternité. Par conséquent ce riche s’est fait pauvre volontairement, et non pas quand il a été conduit de force par quelque chose ; en effet, qui aussi conduirait de force celui qui est ainsi par la nature et par la puissance ?

Il s’est fait pauvre, en ce qu’il est devenu homme sans changement, alors qu’il est resté riche, ce qu’il était, sans avoir rejeté loin de lui les grandeurs divines et essentielles qu’il avait. Car si la pauvreté lui a fait défaut, comment nous, selon la parole de Paul, sommes-nous devenus riches par sa pauvreté (cf. 2 Co 8, 9) ? Comment rougissent-ils des paroles et des souffrances de sa pauvreté qui appartiennent à l’économie, ces défenseurs superflus de celui qui est sans besoin et riche et qui se réfugient ou dans l’imagination manichéenne d’Eutychès ou dans la division juive de Nestorius ? En effet, s’il n’a pas parlé à la manière des hommes, d’où sauraient-ils qu’il s’est fait pauvre ? En effet, s’il n’a pas souffert, il n’a pas sauvé non plus. Mais il a souffert parce qu’il était incarné, quand la souffrance se tenait auprès de ce qui était capable de souffrir et qu’elle ne pouvait pas passer à cet impassible, même si c’eût été d’une façon toute particulière qu’elle eût fait violence. Ne divisons donc pas l’Emmanuel, (qui est) un fait et un nom indivisible ; ne l’éloignons pas non plus de la souffrance, à moins d’oser le dépouiller auparavant de la chair ; mais, aussi longtemps qu’il est compris être incarné, il est aussi confessé avoir souffert selon la chair et il est cru être Dieu et le Sauveur de l’univers. A lui (soit) la gloire dans les siècles ! Ainsi soit-il !

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